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jeudi 17 janvier 2013

En Afrique, la guerre du ver en passe d'être gagnée

Le Monde.fr 
16.01.2013

Des médecins retirent un ver de Guinée de la jambe d'un homme, au Soudan du Sud
 AFP/LOUISE GUBB

C'est une douleur qui ressemble à "un coup de poignard", selon les malades. Une "torture" qui peut durer des mois, se propager sous la peau, laisser des plaies béantes sur les cuisses, les pieds, les bras, même le visage parfois. C'est une "maladie de pauvre", un mal "du bout du chemin", comme l'appellent les employés des ONG qui le combattent.



Indétectable, le ver de Guinée se répand dans les mares stagnantes, là où les habitants des campagnes viennent s'approvisionner en eau. A peine ingéré, le ver se développe dans l'organisme humain, grandit pendant des mois, atteignant parfois jusqu'à 80 centimètres, affleurant alors sous la peau meurtrie.

Contre lui, aucun vaccin ou médicament. Il faut percer, glisser un petit bâton de bois autour du ver, et tirer à raison d'un à deux centimètres par jour. Un "traitement" qui cause des douleurs insoutenables, laisse courir le risque d'une infection, marque à jamais le corps des malades, et cause dans les cas les plus graves le décès des patients. "C'est le système D, mais jamais un laboratoire n'a daigné s'intéresser sérieusement à une maladie pareille", vitupère un responsable de l'Unicef.

DE 3,5 MILLIONS À 541 CAS
Le ver de Guinée est pourtant connu depuis les temps anciens. Si certains historiens voient sa trace jusque dans les pages de la Bible, où des "serpents brûlants" affligèrent les Israélites pendant l'Exode, d'autres affirment que le caducée, symbole moderne des professions médicales qui figure un serpent enroulé autour d'un bâton, représenterait le moyen de retirer le ver honni. Des témoignages de son existence ont par ailleurs été retrouvés dans les anciens récits de médecins arabes, persans, grecs, et des traces de ces vers ont également été relevées sur des momies égyptiennes.

Pourtant, ce n'est qu'au début des années 1980 que l'Organisation mondiale de la santé s'est intéressée à cette parasitose, aussi connu sous le nom de dracunculose, et qui touchait à l'époque plus de 3,5 millions de personnes dans le monde. Endémique dans une vingtaine de pays sur les continents asiatique et africain, la maladie est alors devenue en 1982 l'objet d'une campagne d'éradication, dans le cadre de la décennie de l'eau potable.

En 2012, seuls 541 cas ont été enregistrés, dans quatre pays africains : le Soudan du Sud (520 cas), le Tchad (10 cas), l'Ethiopie (4 cas) et le Mali (7 cas). Une réduction de 49 % par rapport à 2011, où 1058 cas avaient été détectés. L'OMS espère même pouvoir officiellement considérer la dracunculose comme la deuxième maladie supprimée de la surface de la Terre, après la variole. Dans son rapport publié mercredi 16 janvier, l'organisation estime que cet objectif devrait être atteint en 2015.

Pays où le ver de Guinée reste endémique en 2012 | Fondation Carter

LA NÉCESSITÉ D'UN "CHANGEMENT DE PRATIQUE" 
Un "succès mondial" qui repose sur une "association unique entre l'OMS, les ONG, les pays concernés et les communautés locales", selon le docteur Dieudonné Sankara, coordonnateur du programme d'éradication du ver de Guinée. Car la dracunculose est "l'une des rares maladies qui ne peut être éradiquée qu'en se basant sur un changement de pratique", rappelle le responsable. Faute de traitement pour supprimer le ver après ingestion, l'enjeu était en effet d'enseigner aux populations menacées les risques et le moyen de se prémunir du parasite : boire de l'eau propre.

Dès la fin des années 1980, l'Unicef et la Fondation Carter ont ainsi pris un rôle de premier plan dans cette lutte. Plusieurs programmes ont alors été développés par ces ONG, comprenant notamment le forage de puits, l'installation de galeries purifiantes, la distribution de tissus filtrants, ou encore le traitement des mares contaminées pour supprimer les cyclops, petits crustacés hôtes du parasite.

SYSTÈMES DE VIGIE 
Mais ces dispositifs se sont également accompagnés "de programmes de sensibilisation prévus sur le long terme, avec l'implication des populations locales", explique-t-on à la Fondation Carter. Pour soulager un peu leur douleur, la plupart des malades plongent en effet leurs membres lacérés dans l'eau. Un réflexe dramatique car, plongée dans l'eau froide, la femelle libère des milliers de larves, contaminant l'eau de manière irréversible. "Cette donnée oblige à une grande rapidité de détection – dans les 24 heures après l'infection impérativement – pour éviter tout nouveau foyer", explique Dieudonnée Sankara. Un défi de taille car le temps d'incubation du ver est extrêmement long, et il ne se repère que dix à quatorze mois après son ingestion. Selon le responsable de l'OMS, "ce délai complique le travail car il fait du ver une donnée très abstraite au moment de la contamination, difficile à expliquer aux habitants". Une fois repérés, les malades sont immédiatement confinés pour éviter toute propagation.

Outre des campagnes d'information, les ONG ont donc mis en place des systèmes de vigie, qui s'appuient sur des responsables locaux choisis et formés au sein même des villages, parfois même rémunérés pour donner l'alerte en cas de contamination. "A mesure que le nombre de cas diminue, le dépistage des derniers patients devient de plus en plus difficile dans les régions d'endémie, et l'institution d'une récompense peut accélérer ce repérage", explique-t-on à l'Unicef. Une organisation en "maillage" qui a été la clé de cette réduction drastique du nombre de personnes infectées, et a pu compter sur le soutien des Etats où le ver était endémique.

Economiquement, les responsables locaux ont en effet vu rapidement leur intérêt. Au Mali, le ver de Guinée est ainsi baptisé la "maladie des greniers vides", car elle empêche pendant des mois les habitants d'aller cultiver leurs champs. Le parasite a ainsi joué un rôle déterminant dans le déclenchement de plusieurs famines sur le continent africain. L'éradication du ver a donc constitué ces dernières années un important axe de développement pour les ministères de la santé des pays concernés, et un argument de poids pour les ONG pour faire pression sur les Etats un temps récalcitrants.

Le ver de Guinée peut atteindre jusqu'à 80 centimètres. | AFP/LOUISE GUBB

375 MILLIONS DE DOLLARS POUR LA CAMPAGNE
Le succès du programme mondial contre le ver de Guinée "devrait servir de modèle de développement à d'autres campagnes du même genre", affirme aujourd'hui M. Sankara. Selon les spécialistes, la campagne d'éradication aurait coûté près de 375 millions de dollars (281 millions d'euros), soit moins que celle qui avait conduit à la fin de la variole. Mais si l'OMS se dit "plutôt confiant" sur l'issue positive de cette lutte engagée voilà près de trente ans, de nombreux facteurs pourraient venir retarder cette éradication tant désirée. D'après les études, un seul malade infecté contamine en moyenne 300 personnes s'il n'est pas immédiatement pris en charge. Le risque de voir émerger des nouveaux foyers d'infection inquiète donc les ONG, surtout dans les pays où leur capacité d'action est limitée.

La lutte reste en effet largement tributaire des bouleversements géopolitiques qui ne manquent pas d'agiter le continent africain. L'OMS se dit ainsi particulièrement soucieuse des derniers événements politiques qui agitent le Mali. "Les associations essaient de poursuivre leur travail, mais il y a déjà des zones où ils n'ont pas accès", explique M. Sankara.

L'ONG Médecins du monde continue en effet de travailler dans le nord du Mali, sous contrôle des islamistes, mais "l'insécurité et la perte d'accessibilité de certaines populations ne permettent actuellement que de limiter la casse en matière de lutte contre la dracunculose", explique Edith Hesse, directrice médicale de l'ONG en Belgique. "Si peu de cas ont été recensés en 2012, ce n'est pas forcément un bon signe, cela peut simplement dire que le système de surveillance a échoué", reconnaît-elle . D'autant que dans l'urgence de la guerre, "la volonté d'éradiquer une maladie qui ne touche que peu de personnes est loin d'être une priorité", souligne la responsable.

Les "mouvements de populations, qui peuvent amener la maladie dans des zones libérées, sont également un défi considérable", explique M. Sankara. En 2012, des cas ont notamment été signalés au Niger, mais concernaient des malades infectés au Mali. Les camps de réfugiés sont ainsi "particulièrement surveillés", explique-t-on à la Fondation Carter. Mardi 15 janvier, le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés a annoncé que 54 100 Maliens se sont réfugiés en Mauritanie, 50 000 au Niger, 38 800 au Burkina Faso et 1 500 en Algérie pour fuir la guerre.

Ne pas confondre avec "la filariose" :
http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs102/fr/index.html

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