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mercredi 9 janvier 2013

La Chine, laboratoire des faux médicaments en Afrique?

Slate Afrique 
09/01/2013

La guerre fait rage entre les médias européens et les agences de presse officielles chinoises, à propos de médicaments impropres à la consommation.


«J’ai déjà les jouets pour les enfants. Pour leurs cousins, je vais trouver des chinoiseries à la dernière minute.» 

Qui n'a pas entendu cette phrase de Maïmounata dans la bouche d’une autre «tantie» du continent? 


C’est ainsi que nombre de parents ont géré, fin 2012, l’épineuse question des cadeaux de Noël, dans un contexte de famille élargie et de budget rétréci. 

Des poupées, il y en a pour tous les prix, dans les capitales africaines, de 1.000 francs CFA (1,5 euro) à 50.000 (76 euros). 

Les moins chères, elles feront bien l’affaire, ne serait-ce que le temps de la gratitude du neveu. Tant pis si, avant 2013, la tête ou un bras sera détaché, sans doute les deux. 

Comment appelle-t-on communément ces produits d’apparence convenable mais de qualité douteuse? Des «chinoiseries». 

Même si, à l’étude, ils s’avéraient «made in Nigeria», on les qualifierait ainsi, ce nom commun étant aussi détaché de sa supposée origine géographique qu’un tirailleur sénégalais. 

Le qualificatif est péjoratif, mais on loue chaque jour ce niveau de gamme qui rend bien des services. Des services qu’il convient de relativiser si le produit est de nature à se révéler dangereux. 

Passons sur les risques d’absorption d’un œil de poupée mal fixé ou sur la discontinuité d’une communication assurée par un téléphone appelé abusivement «générique». 

Marché de mort 
Lorsqu’il est question de médicaments, c’est un marché de mort qui se profile. Le manque d’exigence du consommateur africain —garantie de liquidités jusqu’à la moitié du mois— laisse place à une indignation légitime. Indignation relayée par la presse et dénoncée par la République populaire de Chine. 

En décembre 2012, le très sérieux quotidien britannique The Guardian annonce —prudemment, soulignant le manque de données— qu’en Ouganda et en Tanzanie, un tiers des médicaments contre le paludisme seraient contrefaits ou de qualité insuffisante. 

Le journal dénonce les origines «asiatiques» de la contrefaçon et un «contrôle négligent» des autorités chinoises. 

En mars 2012 déjà, à la lisière du monde des médicaments et des produits de beauté, une enquête du même quotidien indiquait qu’une société cosmétique chinoise utilisait les fœtus avortés et la peau des cadavres de condamnés à mort pour fabriquer des crèmes à base de collagène. 

Le 7 janvier, la plus grande agence de presse nationale chinoise, la très officielle Xinhua, dénonce «une multitude de reportages surmédiatisés (…) fabriqués par certains médias occidentaux accusant la Chine d'avoir vendu de faux médicaments en Afrique», notamment des remèdes contre le paludisme. 

Elle s’insurge contre les méthodes des journalistes (la collecte de témoignages «sans statistiques»), qualifiant l’enquête de pure «suspicion». 

Pour dénoncer cette réputation associée au nom «chinoiserie», elle évoque les propos d’un officiel de l’Administration ougandaise de contrôle des médicaments, citée par The Guardian, qui indique, tout de go, qu’il est convaincu que ces faux médicaments «venaient de Chine», parce que «la Chine entre dans le marché africain avec tout, pour introduire le plus possible de leurs propres produits de tous les niveaux de qualité.» 

Comme pour déminer l’ampleur du procès d’intention fait à la Chine, l’agence officielle de Pékin tente un brin d’humour. 

Elle extrapole le principe d’une rumeur bombardée comme une information. Elle démontre que la Grande-Bretagne devrait être tenue responsable de tout «scandale de poisson frit intoxiqué en Afrique», les Britanniques étant «traditionnellement reconnus pour leur manque d’imagination dans la cuisine, utilisant ce plat comme alimentation de base». 

Et de rappeler que le remède de premier choix contre le paludisme est notamment composé d’artémisinine, une plante découverte en Chine. Et d’offrir au lecteur de la dépêche ces statistiques qui auraient fait défaut au quotidien britannique: depuis 1963, la Chine aurait envoyé en Afrique un personnel médical comportant 17.000 membres et aurait guéri plus de 200 millions d'Africains. 

S’improvisant enquêtrice, à son tour, Xinhua affirme que ce seraient des hommes d’affaires africains qui auraient fabriqué et vendu de faux antipaludéens «au nom de la Chine». 

Bravant la réputation des «chinoiseries», l’agence de presse affirme que les médicaments Made in China jouiraient d'une excellente réputation sur le continent noir. 

Menaces de péril jaune 
Les médias occidentaux manipuleraient-ils donc l’opinion en faisant de la Chine un bouc émissaire? 

Quels seraient les motifs de cette cabale en forme de cri au péril jaune? L’absence de volonté d’aider les Etats africains à régler leur problème de porosité des frontières; mais surtout «le malaise de l'Occident face à la prouesse économique chinoise» et ses liens étroits avec des pays africains. Jalousie, quand tu nous tiens…  

Dans le bras de fer entre les journalistes, bien malin qui pourrait trancher nettement le débat, même si l’indépendance des uns, à première vue, semble décrédibiliser un tant soit peu la propagande des autres. Il n’en reste pas moins que le lobby des laboratoires pharmaceutiques tend à enfumer bien des débats. 

Est-il toutefois utile d’obtenir des statistiques exhaustives pour constater l’omniprésence des médicaments douteux dans les rues des capitales africaines? 

Qui n’a pas vu, entre les mains des bana-bana, vendeurs de rue, ces agencements ingénieux de produits qui ressemblent à des pièces montées? 

Des produits qui n’ont de pharmaceutique que le nom. Au mieux, des placebos qui flatteront votre moral. Au pire, des capsules de mort qui conduiront vers les maladies que vous souhaitiez éviter. 

Ce trafic tentaculaire qui met en péril la santé des populations africaines s’appuie, dans les pays les moins avancés, sur la faiblesse des budgets santé individuels et sur l’analphabétisme. 

Des statistiques improbables 
Dans les pays africains les plus développés, il s’initie à la distribution par Internet et à la diffusion par voie postale. Difficile de quantifier le nombre des médicaments impropres qui circulent sur le continent. 

Les effets eux-mêmes, fautes d’autopsies fréquentes, sont mal mesurés. Sauf quand arrivent des drames collectifs. 

En 1995, au Niger, un faux vaccin distribué lors d’une épidémie de méningite faisait 2.500 morts. En 2009, au Nigeria, un sirop toxique contre la toux provoquait plusieurs dizaines de décès. Deux ans plus tard, 3.000 malades étaient touchés par des antirétroviraux falsifiés au Kenya. 

Et s’il ne fallait qu’une statistique pour édifier les plus sceptiques, l’Organisation mondiale des douanes pourrait la fournir. 

Du 11 au 20 juillet 2012, une opération de lutte contre la fraude menée par l’OMD permettait de saisir quelque 82 millions de médicaments de contrebande ou contrefaits dans seize grands ports africains: antipaludéens, antiparasitaires, antibiotiques, contraceptifs ou traitements contre la stérilité. 

Une cargaison globale estimée à 30,7 millions d'euros. L’Angola, le Togo, le Cameroun et le Ghana sont les pays où les saisies ont été les plus spectaculaires. La grande majorité des cargaisons provenait d'Inde, de Dubaï ou… de Chine. 
Damien Glez

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