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mardi 29 mars 2011

Procès Chebeya : Me Cantier donne le mobile de l'assassinat de Bazana

Le Potentiel
29/03/2011
Après l'assassinat de Floribert Chebeya, les auteurs se sont efforcés à effacer les traces. Dès cet instant, son chauffeur Fidèle Bazana devenait un témoin gênant. Il ne restait qu'une solution : l'éliminer aussi physiquement.

Le jeudi 31 mars 2011, les plaidoiries de la partie civile devront commencer dans le procès qui oppose le ministère public aux assassins présumés de Floribert Chebeya Bahizire et son chauffeur Fidèle Bazana Edadi. Entre-temps, les avocats de la partie civile et ceux de la défense ont fait leurs observations au sujet de la prévention d'enlèvement qui a été requalifiée en assassinat en ce qui concerne la disparition de Fidèle Bazana.

A ce sujet, Me François Cantier, président d'Avocats sans frontières/France, et qui se retrouve dans le collectif des avocats de la partie civile, a fait quelques observations sur le cas Bazana. Contrairement à la défense, Me Cantier a dit que la Cour militaire avait la possibilité de requalifier les faits d'enlèvement en assassinat. C'est cela le droit, a-t-il insisté. Juridiquement, elle avait le droit de le faire ; et le procureur avait celui de demander, ainsi a déclaré le président d'Avocats sans frontières/France. Et cela, a-t-il dit, parce qu'une juridiction pénale est saisie des faits.

Selon Me Cantier, la Cour n'a fait qu'appliquer la loi, dans la mesure où les débats ont apporté la preuve, notamment par la production du jugement du tribunal civil de Kinshasa, valant acte de décès de Fidèle Bazana. En un mot, a-t-il dit, la preuve a été apportée que Bazana est bel et bien mort.

Me Cantier a aussi fait remarquer que dans le dossier, il y a également la réquisition de l'inspecteur de la police judiciaire, adressée au médecin légiste pour examiner le corps de Bazana. En outre, a ajouté l'avocat, il y a la déposition du médecin légiste Nzuzi qui dit avoir reçu cette réquisition, et la lettre envoyée à la veuve Bazana par l'Auditorat militaire. Selon Me Cantier donc, ces éléments démontrent bien que Fidèle Bazana est mort.

Parlant de la preuve de l'assassinat, Me François Cantier a dit que premièrement, Fidèle Bazana a conduit la voiture en accompagnant Floribert Chevbeya au siège de l'Inspection générale de la Police nationale congolaise. Deuxièmement, Me Cantier s'est basé sur le fameux témoin Gommer Martell qui se trouvait dans les locaux de l'Inspection générale de la police dans la soirée du 1er juin 2010 ; et qui affirme avoir vu Chebeya qu'il connaissait bien, en compagnie d'un autre homme. D'où cette question posée par Me Cantier : " Qui pouvait être cet homme, sinon Fidèle Bazana ? ".

Troisièmement, Me François Cantier a relevé la stratégie de défense des accusés qui consiste à dire que Floribert Chebeya n'est jamais arrivé à l'Inspection générale de la police. Ce qui a suscité une autre question chez Me Cantier : " Comment voulez-vous alors qu'ils laissent Fidèle Bazana en vie, lui qui était le témoin ? ".

Quant au refus de la Cour militaire d'ouvrir l'instruction sur le cas Bazana, Me Cantier a déclaré que si la Cour n'a pas voulu rouvrir les débats sur les conditions dans lesquelles est intervenu l'assassinat, c'est qu'elle considère qu'il y a déjà dans le dossier des éléments suffisants pour établir que Fidèle Bazana a été assassiné comme Floribert Chebeya par les accusés.

Mais malheureusement, Me François Cantier ne prendra plus part aux plaidoiries dans l'affaire Chebeya et Bazana comme il l'avait souhaité. En effet, il est attendu à Arusha, au Tribunal pénal international pour le Rwanda, pour une affaire qui est en appel.

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