26/09/2012
"Joseph Kabila" et Paul Kagame lors de la visite inattendue de celui-ci à Goma en 2009.
A New York où il se trouve dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations Unies, «Joseph Kabila» a accordé une interview à la Radio des Nations Unies. C’est sa deuxième «sortie médiatique» depuis le déclenchement, en avril dernier, de la «rébellion» des militaires FARDC étiquetés CNDP. Comme à son habitude, le «raïs» s’est livré à des incantations. Des platitudes. Il a multiplié des propos d’une banalité affligeante par rapport à la gravité de la situation.
Analyse
«Cérémonie, récitation de formules ayant pour but de produire des sortilèges, des enchantements». Telle est la définition du mot «incantation».
Trois mois après l’interview qu’il avait accordée à un quatuor de journalistes kinois et sous prétexte de rester «maître de son silence» plutôt qu’«esclave de ses paroles», «Joseph Kabila» s’était replongé dans son mutisme légendaire ignorant sans doute, qu’en temps de crise, il est préférable qu’un pouvoir soit bavard plutôt que taciturne. L’homme qui "dirige" le Congo semble considérer le pouvoir d’Etat comme un élément de son patrimoine. Et pourtant. Tout homme politique – fut-il chef de l’Etat – est avant tout un «mandataire». A ce titre, il est tenu de rendre compte de la manière dont il exécute le mandat lui confié. Dans le cas d’espèce, « Joseph» se croit exonéré de l’obligation d’informer régulièrement la population congolaise sur l’évolution de la situation au Nord Kivu. Sans omettre, les dispositions prises par les pouvoirs publics pour ramener l’ordre, la paix et la sécurité dans cette partie du pays où 719.000 kivutiens du Nord vivent en «réfugiés intérieurs» pendant que 60.000 autres ont fui au Rwanda et en Ouganda.
A New York, le «raïs» s’est fait violence - c’est le moins qu’on puisse dire - en daignant répondre aux questions de la Radio des Nations Unies. Qu’a-t-il dit de substantiel ? Pas grand chose. Comme à Kinshasa, il a répété que la «solution» à la crise au Nord Kivu peut-être militaire, politique ou diplomatique soit la conjugaison de ces «trois pistes de solutions». «On est en train de travailler effectivement sur les trois pistes de solution», a-t-il souligné. Quelle désinvolture de la part d’un chef d’Etat qui a perdu le contrôle d’une partie du pays qu’il dirige? Solution militaire? «Joseph Kabila» croit-il franchement en ce qu’il dit alors que tous les observateurs sont unanimes sur l’incapacité des FARDC à récupérer les territoires passés sous le contrôle de M-23? Que vaut en définitive, une parole prononcée par «Joseph» ? Lors de son investiture, le 26 janvier 2001, n’avait-il pas pris «l’engagement» de mettre sur pied une « armée et une police modernes, fortes, bien équipées, (…), capables de défendre la nation en toutes circonstances» ? Où en est-on? Devant les quatre journalistes kinois, le « raïs », toute honte bue, a fait du retro-pédalage en murmurant que la formation de l’armée «est un processus qui est en cours». C’était le 28 juin dernier. Ouvrons la parenthèse ici pour signaler les propos infantiles tenus par le Premier ministre Augustin Matata Ponyo sur l’armée : «L’armée évolue progressivement et se transforme en profondeur. Le gouvernement vient d’initier le recrutement de jeunes volontaires. Nous sommes en train de fournir de nouveaux équipements en vue d’avoir à terme une armée d’élite. C’est entre autres dans cette optique que le chef de l’Etat réunit régulièrement le Conseil supérieur de la défense». (Voir J.A n°2695 du 2-8 septembre 2012). Question : le Congo démocratique serait-il dirigé par deux "malvoyants"? Fermons la parenthèse.
Evoquant l’état des relations entre le Congo et le Rwanda, « Kabila » n’a pas non plus joué la carte de la «sophistication». Bien au contraire. Il s’est contenté de clamer que sur neuf voisins (Angola, Burundi, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Ouganda, Rwanda, Tanzanie, Soudan du Sud, Zambie) le Rwanda est le seul qui pose problème au Congo. Selon lui, l’objectif reste malgré tout de parvenir au rétablissement des relations fondées sur le «bon voisinage». A quel prix? Il a reconnu néanmoins que «pour le moment, ce n’est pas le cas». Le « raïs » n’aurait-il pas dû pousser la réflexion plus loin en recherchant les raisons qui font que le Rwanda de Paul Kagame se garde de narguer ses autres voisins que sont notamment le Burundi, l’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie? Et si la véritable raison était des rapports de force défavorables au Congo démocratique? En dépit de cette évidence, « Joseph Kabila » dit tenir à la conclusion d’une «paix juste entre les pays de la Région». Jusqu’à quand les dirigeants congolais vont feindre d’ignorer que la communauté internationale n’est en fait qu’une "jungle humaine" où seuls les plus féroces survivent. Les plus faibles servent de "casse-croûte"…
B.A.W
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