Par Wakabi Wairagala
Un ancien officier du renseignement de la République centrafricaine (RCA), qui témoigne pour l’accusé de crimes de guerre congolais Jean-Pierre Bemba, a été aujourd’hui contre-interrogé par les procureurs de la Cour pénale internationale (CPI) presqu’exclusivement à huis clos.
Le ‘‘témoin D04-07’’ a débuté son témoignage hier, dont certaines parties ont été entendues en séance publique, bien que les juges lui aient accordé des mesures de protection et notamment l’utilisation d’une déformation numérique de la voix et du visage ainsi que l’utilisation d’un pseudonyme pour cacher son identité.
Hier, le témoin a donné des détails sur l’aide logistique et sur l’indemnité journalière fournies par les autorités centrafricaines aux troupes de M. Bemba déployées dans ce pays lors du conflit armé de 2002-2003. Il a également indiqué que les troupes du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) de M. Bemba avaient reçu des ordres de la part de commandants centrafricains. Les troupes étaient présentes dans le pays pour aider le président de l’époque, Ange-Félix Patassé, à écarter une tentative de coup d’état.
M. Bemba, 49 ans, a nié avoir eu connaissance du fait que ses soldats déployés dans le pays voisin avaient commis des actes de violence sur les civils et d’avoir choisi de ne prendre aucune mesure. Les procureurs soutiennent que les troupes congolaises ont violé, tué et pillé puis ils accusent M. Bemba, en tant que leur commandant en chef, de porter la responsabilité de ces crimes.
Le ‘‘témoin D04-07’’ est le cinquième témoin à être appelé par la défense dans le cadre de la procédure engagée à l’encontre de M. Bemba devant le tribunal basé à La Haye, qui a débuté en novembre 2010. Les avocats de la défense de M. Bemba ont déclaré aux juges qu’ils avaient l’intention d’appeler environ 60 témoins, dont des personnes ayant une « connaissance concrète » de la période de cinq mois pendant laquelle les soldats de l’accusé avaient été déployés en RCA.
Avant d’ajourner le procès cet après-midi, le juge président Sylvia Steiner a ordonné à l’Unité d’aide aux victimes et aux témoins (VWU) de conduire une évaluation de l’état physique et psychologique du ‘‘témoin D04-07’’.
Le motif de cette décision n’est pas apparu clairement.
Le procès se poursuivra demain matin.
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