************ QUI AURAIT SOUVENIR D'UN MAGASIN MAMPEZA A COQUILHATVILLE ? IL ETAIT TENU PAR UNE FAMILLE PORTUGAISE ! PRENDRE CONTACT AVEC LA WEBMASTER. EMAIL : tvcn156753@tvcablenet.be MERCI. ************ QUI AURAIT CONNU DANS LA PROVINCE DE L'EQUATEUR , FIN DES ANNEES 1940 ET JUSQUE 1960, DENIS GOUVRIER, AGRONOME. IL AURAIT TRAVAILLE PRINCIPALEMENT A MONKOTO, BOENDE ET PEUT-ETRE DANS LA REGION DE COQUILHATVILLE. PRENDRE CONTACT AVEC LA WEBMASTER. EMAIL : tvcn156753@tvcablenet.be. MERCI. ************

dimanche 25 novembre 2012

A l'est de la RDC, le verrou de Bukavu est menacé

Lemonde.fr 
25/11/2012
Des milliers de civils congolais fuient la ville de Saké, à 26 km à l'ouest
de Goma, chassés par les combats, jeudi 22 novembre
Phil More/AFP

Des civils fuient Saké, sur la route reliant Goma et Bukavu, le 23 novembre.  
AFP/TONY KARUMBA
En passant devant la maison si jolie, dont le jardin en fleurs descend doucement vers le lac Kivu, les soldats, chargés de blessés, de butin et de colère accumulés dans leur fuite depuis Goma, ont crié et menacé. Les Forces armées de République démocratique du Congo (FARDC) venaient d'abandonner Goma aux rebelles du M23, mardi 20 novembre, et ils refluaient, à pied, vers Bukavu, l'autre grande ville de l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

Certains de ces soldats, raconte la gardienne des lieux en serrant son pagne autour de ses épaules, ont même menacé "avec leurs RPG ". "Ils disaient que Kabila se cachait ici, parce que cette maison appartient à la première dame. Ils disaient qu'il avait trahi le Congo, qu'il fallait le tuer." 

"ILS PILLENT TOUT" 
Naturellement, le chef de l'Etat, Joseph Kabila, ne se trouvait pas dans cette maison, mais dans sa capitale, Kinshasa, à 1 600 kilomètres de là. Et les militaires, peut-être en raison d'un reste de peur des autorités, ont passé leur chemin. Le long de la route du bord du lac, ils n'ont pas eu les mêmes égards pour le reste des maisons. "Voilà nos soldats. Au lieu de se battre, ils pillent tout : les téléphones, l'argent quand il y en a, les casseroles, les chèvres et les poules", se désole la gardienne de la discrète résidence présidentielle. 

Un soldat de l'armée gouvernementale tué par les rebelles du M23, le 23 novembre. 
AFP/TONY KARUMBA
Celle-ci, avec son portail en métal rouge, est la propriété d'Olive Kabila, la première dame du Congo. Voilà qui explique la présence d'une ligne à haute tension qui prend fin ici, au bord de l'eau, pour que la demeure de l'épouse du chef de l'Etat bénéficie de l'électricité. Voici aussi pourquoi, en cette phase de déroute de l'armée loyaliste face aux rebelles du M23, certains soldats congolais en veulent à leur président au point de l'accuser de trahison. 

Des "trahisons", il y en aurait bien eu, selon un observateur averti des phénomènes militaires en cours, mais au niveau d'officiers supérieurs de l'armée congolaise. Cela constituerait l'un des facteurs des échecs en cours des forces gouvernementales depuis l'offensive rebelle lancée le 15 novembre, selon cette source. 

"AMATEURISME FOLKLORIQUE" 
Certains de ces officiers "collaboraient" avec les rebelles, dont ils ont été les frères d'armes dans des phases précédentes des rébellions au Congo. Par ailleurs, "l'amateurisme folklorique" d'une partie des FARDC, incapables en général d'assurer la logistique de leurs combattants du front, explique aussi la débâcle. 

Les casques bleus ont mandat d'appuyer l'armée congolaise, pas de faire la guerre avec les rebelles. Quand celle-ci s'effondre, ils perdent toute utilité. Enfin, selon cette source, les rebelles ont aussi bénéficié à plusieurs reprises, comme l'ont mis en évidence les Nations unies, d'appuis ponctuels mais décisifs du Rwanda voisin, lors de certaines phases des opérations sur le terrain. 

Cette combinaison vient d'être fatale aux FARDC au cours des dix derniers jours. La prise de Goma a été un choc pour le pouvoir, mais aussi un coup de semonce. Si une seconde défaite ouvre la route de Bukavu, alors le mouvement rebelle pourrait revoir ses ambitions à la hausse, c'est-à-dire à un "niveau national", comme l'affirme l'un des cadres politiques du mouvement, admettant réfléchir à des scénarios pour "changer le leadership" dans le pays. 

Est-ce un rêve, une fanfaronnade, ou une analyse raisonnée du climat de crise qui règne au Congo, spécialement depuis les élections présidentielles et législatives ratées de novembre 2011 ? 

Les jours prochains vont offrir des éléments de réponse à cette question. La première étape est militaire. Elle se trouve au bout de la route du lac, vers les positions des forces loyalistes entre Minova et Kalehe, dernier grand verrou avant Bukavu. 

Des Congolais réfugiés dans l'église de Mugunga, à 8 km à l'est de Goma, vendredi 23 novembre 
AFP/PHIL MOORE
Jeudi, une attaque loyaliste a été tentée sur Saké, ville carrefour située à moins de 30 kilomètres de Goma, bastion de milices maï maï, et globalement hostile au M23. Les Maï maï du groupe APCLS, dirigé par le colonel Janvier, étaient au côté de troupes régulières.

En quelques heures, c'était fini. Les maï maï n'avaient reçu "aucune des munitions qu'on leur promettait, ils n'avaient même pas de nourriture ou d'eau", selon une source proche de ce mouvement, et ils refluaient vers Kirotshe, en même temps que les pillards des FARDC.

Ces derniers avaient des blessés, soignés à la va-vite dans le petit hôpital local, avant d'être transportés "à dos d'homme" en direction de Minova, selon un médecin.

Un homme blessé, à l'hôpital de Kirotshe, à l'est de la République démocratique du Congo, le 23 novembre. AFP/PHIL MOORE
L'avenir, à l'est du Congo, se joue à présent en bonne partie au bout de ce ruban caillouteux. Un nouveau désastre, une déroute de plus ouvrirait la route de Bukavu et déclencherait un cataclysme psychologique, dont les effets devraient se faire sentir jusqu'à Kinshasa. Dans la capitale, on appelle au "sursaut national". Stanislas Baleke, l'un des responsables politiques du M23, s'en amuse : "Comment des politiciens avec des cravates à Kinshasa peuvent-ils dire qu'ils vont se battre jusqu'au bout ?" 

Le M23 table sur un effet boule-de-neige de l'insatisfaction pour donner une nouvelle dimension à son mouvement armé, jusqu'ici cantonné dans le rôle de groupe rebelle pro-rwandais. "Depuis qu'on a pris Goma, on est inondé de coups de fils de responsables politiques avec lesquels nous développons des synergies intéressantes", assure une source au sein du M23. D'autres groupes armés, contrôlés discrètement par des responsables politiques de la région, pourraient-ils rejoindre le M23 pour former une "vague partie de l'Est" en direction du pouvoir, selon la même source ?

"NOUS NE SOMMES PAS RADICAUX"
Il reste du chemin pour y parvenir. Pour que le M23 puisse sortir de la zone où ses chefs sont chez eux – les régions du Rutshuru et du Masisi, toutes deux voisines de Goma –, il faudrait que les recrues et les alliés affluent. Dans cette perspective, la prise de Bukavu est cruciale. Dans le même temps, le M23 propose de négocier directement avec Joseph Kabila, mais aussi d'organiser une vaste discussion au niveau national, qui intégrerait "la société civile, les groupes armés, l'opposition et la diaspora", explique François Tuyihimbaze Rucogoza, secrétaire exécutif du M23. "Nous ne sommes pas fâchés, nous ne sommes pas fermés , nous ne sommes pas radicaux. Ce que nous voulons, c'est négocier, mais aussi mettre fin à la mauvaise gouvernance de ce pays." 

Jean-Philippe Rémy - (Route de Bukavu, lac Kivu (est de la République démocratique du Congo) 
Envoyé spécial

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire