mercredi 19 mars 2014

Narcisse Arido, un co-accusé de M. Bemba, est transféré à la CPI

18 /03/ 2014 
Par Wakabi Wairagala

Le ressortissant congolais Narcisse Arido, accusé d’avoir participé à une subornation de témoins avec l’accusé de crimes de guerre Jean-Pierre Bemba, a été transféré aujourd’hui à la Cour pénale internationale (CPI) basée à La Haye. 

M. Arido, qui a été arrêté en France en novembre dernier, a été transféré à la Cour après qu’une Cour d’appel française ait rejeté son appel concernant son extradition. Il devrait faire jeudi, le 20 mars, sa première comparution devant un juge de mise en état de la CPI. 

Les procureurs affirment que M. Arido a reçu des paiements de deux anciens avocats de M. Bemba pour fournir des documents faux ou falsifiés et qu’il était un intermédiaire dans le transfert d’argent aux témoins. 

Les avocats, l’ancien conseil principal Aimé Kilolo-Musamba et le chargé de la gestion des dossiers Jean-Jacques Mangenda Kabongo, sont détenus dans le quartier pénitentiaire de la CPI depuis novembre dernier. Ils doivent répondent aux mêmes accusations de subornation de témoins et de présentation de témoignages falsifiés lors du procès pour crimes de guerre de M. Bemba qui s’est ouvert en novembre 2010.

M. Arido est soupçonné d’être le ‘‘témoin D04-11’’ qui aurait dû apporter une déposition en faveur de la défense en septembre 2012 au procès de M. Bemba mais qui n’a pas embarqué à bord du vol à destination de la Haye qui lui avait été réservé. Il aurait plutôt utilisé le visa obtenu pour garantir sa comparution devant la Court pour voyager en France. 

La cinquième personne devant répondre aux charges de subornation de témoins est le membre du parlement congolais Fidèle Babala Wandu. Il a été assistant de M. Bemba lorsque ce dernier était vice-président de la République démocratique du Congo. Il est également détenu par la Cour. 

Pour appuyer sa demande de mandats d’arrêt, l’accusation a soumis des preuves de transfert d’argent par le biais de services internationaux, des enregistrements des appels téléphoniques, des traductions des communications enregistrées, des messages texte, des déclarations de témoins et des e-mails. 

Le 20 novembre, le juge de mise en état Cuno Tarfusser a émis un mandat d’arrêt à l’encontre des cinq témoins, affirmant qu’il existait des motifs raisonnables de croire que dès début 2002, un projet criminel « avait accordé des avantages à certains témoins de la défense en échange de faux-témoignages et avait fourni la présentation de témoignages faux ou falsifiés ». 

Lors de leur première comparution devant le juge Tarfusser, M. Bemba, les deux avocats de la défense et M. Babala ont nié les charges et ont exprimé leur surprise que le procureur, Fatou Bensouda, ait choisi de lancer un mandat d’arrêt au lieu de traiter les allégations de subornation de témoins lors du procès en cours de M. Bemba. 

Jeudi, lors de la première comparution de M. Arido, le juge vérifiera son identité ainsi que la langue dans laquelle il est en mesure de suivre le procès. Il sera également informé des charges portées à son encontre.

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