15/03/2014
Le spectaculaire retournement de la situation aux fronts de la guerre à l’Est avec le démantèlement du M23, la traque des ADF-NALU et des rebelles rwandais FDLR, tous des exploits dans lesquels la Monusco a joué un rôle décisif milite pour la poursuite de cet élan par un nécessaire renouvellement de mandat de la mission onusienne en RDC
L’avenir de la Mission de stabilisation des nations Unies au Congo et de la Brigade d’intervention se discute demain au Conseil de sécurité de l’ONU à New York, lors de la grande réunion sur la Rdc. A regarder la situation des opérations sur terrain, notamment la défaite du M23, la traque des ADF, FDLR et autres, tout porte à croire que le représentant spécial de Ban Ki-moon au Congo, Martin Kobler, plaidera, à raison, en faveur du renouvellement du mandat de la mission.
A l’occasion, Kobler ne manquera pas de revenir sur la nécessité de la relocalisation des troupes de la Monusco. Pour ce faire, le quartier général devrait rester à Kinshasa, soit reployer les 2/3 du personnel à l’Est et ne garder que le 1/3 à Kinshasa. A travers cette relocalisation, le Conseil de sécurité voudrait que la Monusco soit là où l’on a besoin d’elle, soit à l’Est du pays. Ceci, dans l’objectif de rapprocher les services sociaux de la Monusco là où on a besoin d’eux. De même, les agences devraient emboîter la même démarche.
Anguille sous roche ?
Toutefois, cette relocalisation n’est pas appréciée par tous les Congolais de la même manière. Nombreux sont ceux qui crient déjà à la balkanisation de la République démocratique du Congo. Information que la Monusco réfute, disant qu’elle ne trouve aucun intérêt à procéder de la sorte. Qu’à cela ne tienne, tout le monde est prévenu, car chat échaudé craint même l’eau froide, dit-on.
En rappel, depuis dimanche, des témoins et des journalistes de l’Afp ont vu des membres des Forces armées de la RDC (Fardc) et de la Brigade d’intervention de l’Onu manoeuvrer ensemble ou dans la région de Tongo, à une soixantaine de kilomètres au nord de Goma, capitale de la province congolaise du Nord-Kivu, limitrophe du Rwanda. Un peu plus au nord, dans la région de Luofu, le déploiement d’un régiment des Fardc avait mis en fuite des Fdlr sans combats dans la nuit de dimanche à lundi, selon les autorités locales coutumières.
Les Fdlr, qui compteraient 1.500 à 2.000 combattants environ selon les estimations, sont disséminées dans les provinces du Nord et Sud-Kivu. Issu de Hutus rwandais réfugiés en RDC (alors le Zaïre) après le génocide de 1994 contre les Tutsis au Rwanda, le mouvement est accuse de compter encore dans ses rangs des génocidaires. Ces manoeuvres entrent dans le cadre de la résolution 2098 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Et selon cette résolution, la Monusco peut intervenir avec ou sans l’appui des Fardc, d’autant qu’elle a suffisamment des forces pour faire la décision. Car pour Martin Kobler, le Chef de la Monusco, la priorité pour 2014 est de lutter contre les rebelles rwandais des FDLR, sans oublier les rebelles ougandais des ADF. C’est dans l’exécution d’une mission et il ne s’agit pas de faire plaisir à quelqu’un, racontent des sources proches de la Monusco.
Fils Teke/Le Guide
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