04/12/2011
3.000 personnes ont fui Kinshasa pour Brazzaville ce week-end. Le gouvernement congolais a résolu de saisir la justice militaire pour qu’elle ouvre une enquête et porte plainte contre X suite à un rapport faisant état de 18 civils tués.
Environ 3.000 personnes redoutant les violences post-électorales en RD Congo (RDC) ont traversé le fleuve Congo pour rallier Brazzaville, capitale du Congo située juste en face de Kinshasa, la capitale de la RDC, ce week-end, ont indiqué des sources concordantes à Brazzaville. Le nombre de personnes « que nous avons reçus hier (samedi) et aujourd’hui (dimanche) (…) dépasse 3.000 », a indiqué un agent des services d’émigration à l’AFP au port fluvial du Beach.
Cet agent a fourni le même chiffre au ministre congolais de l’Intérieur Raymond Zéphirin Mboulou qui est venu se rendre compte de la situation, a constaté un journaliste de l’AFP. « Nous ne sommes pas en situation de crise déclarée », a déclaré le ministre congolais. « Pour l’instant nous recevons des Congolais et des étrangers qui traversent », le fleuve, a-t-il dit. « Je n’infirme ni ne confirme les chiffres. Les chiffres ne m’intéressent pas parce la frontière n’est pas encore fermée. Les gens vont continuer à arriver (demain) mais il n’y a rien de fâcheux », a encore affirmé le ministre.
Un agent des douanes du Beach a également évoqué le chiffre de « 3.000 personnes ».
Les personnes traversant le fleuve Congo sont des Congolais, mais aussi des étrangers, a constaté un journaliste de l’AFP. Dimanche, des embarcations rapides transportant en moyenne une vingtaine de passagers ont effectué des navettes jusqu’à 13h30 locales, alors que le port ferme habituellement à 12h00 (11h GMT).
Les personnes arrivant de Kinshasa remplissaient ensuite les formalités au Beach, avant de gagner la ville où les hôtels affichent complet, a constaté le journaliste de l’AFP.
Une enquête sur des violences meurtrières
L’ONG Human Rights Watch (HRW) s’est « réjouie » dimanche que le gouvernement de la République démocratique du Congo ait saisi la justice après son rapport affirmant qu’au moins 18 civils avaient été tués par les forces de l’ordre entre les 26 et 28 novembre derniers. Selon HRW, la plupart des victimes, dont 14 dans la seule capitale Kinshasa, ont été tuées « par des soldats de la Garde Républicaine », l’ex-garde présidentielle.
Le gouvernement congolais avait annoncé samedi sa décision de saisir la justice militaire pour qu’elle ouvre une enquête et porte plainte contre X, parce qu’il « tient à avoir le fin mot de cette histoire ». L’organisation des droits humains « se réjouit » de cette annonce et de la « réaction rapide" de l’Etat et se dit prête à coopérer.
Samedi, le porte-parole du gouvernement Lambert Mende, également ministre de la Communication, avait déclaré à l’AFP les autorités de Kinshasa demandaient « avec insistance à HRW d’apporter tous éléments et informations à sa connaissance (…) pour que des sanctions puissent être prises si cela s’avérait nécessaire ».
Dans une réaction transmise à l’AFP dimanche, le ministre congolais de la justice, Emmanuel Luzolo Bambi, a affirmé que la justice nationale « reste et restera impartiale ». « Le gouvernement, a-t-il toutefois ajouté, déplore le caractère alarmant et très partisan de ce rapport publié en violation flagrante de toutes les règles d’usage » et qui « repose sur des allégations non vérifiées (…) à l’encontre de la Garde Républicaine ».
Kabila en tête
Le président sortant Joseph Kabila devance l’opposant Etienne Tshisekedi, selon des résultats partiels portant sur 52,91 % des bureaux de vote. Kabila obtient 4.942.050 voix (49 %) et Tshisekedi 3.402.650 voix (34 %), selon ces résultats provisoires donnés province par province. Le président Kabila est en tête dans 6 provinces (Bandundu, Katanga, Maniema, Province orientale, Nord et Sud Kivu) et Tshisekedi dans 4 autres (Bas Congo, Kasaï Occidental et Oriental, et Kinshasa).
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire