lundi 1 octobre 2012

Francophonie : Diouf espère voir Kagame à Kinshasa

Congo Indépendant 
01/10/2012 

Abdou Diouf, secrétaire général de L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). 
Image TV5

Invité, dimanche 30 septembre, de l’émission dominicale "Internationales" co-animée par des journalistes de TV5 Monde, RFI et du quotidien "Le Monde", l’ancien président sénégalais, Abdou Diouf, a plaidé pour la participation du président rwandais Paul Kagame au XIVème Sommet de la Francophonie qui se tiendra du 12 au 14 octobre prochain à Kinshasa. 


A moins de deux semaines du démarrage des travaux du XIVème Sommet de la Francophonie, le secrétaire général de l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie), Abdou Diouf, est descendu dans l’arène pour défendre le choix porté sur le Congo-Kinshasa. La décision a été prise à Québec et confirmée à Montreux, en Suisse. Pour lui, ce sommet constitue une opportunité "pour ramener la RD Congo sur la bonne voie de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance". Il a souligné que les forces politiques et sociales du pays n’étaient pas opposées à l’organisation de cet événement. 

Interrogé sur le "risque" de voir le pouvoir en place "récupérer" cette manifestation pour sa "légitimation" après des élections chahutées, Diouf a minimisé cette crainte. "Les délégations attendues dans la capitale congolaise n’y vont pas en visite d’Etat, a-t-il ironisé. Ce pays traverse des moments difficiles et a, de ce fait, besoin de la communauté internationale". Pour Diouf, "la communauté internationale doit se mobiliser pour que la RD Congo et ses voisins travaillent dans un climat apaisé et en bonne entente". 

S’agissant de la crise qui prévaut dans la province du Kivu, l’ancien président sénégalais, qui maîtrise à merveille l’art de l’équilibrisme, a "condamné" le M-23 tout en se gardant de faire allusion au "soutien extérieur" dont bénéficie ce mouvement de la part du Rwanda. "Nous condamnons le M-23 mais nous n’accusons personne d’autre", a-t-il clamé en martelant son souhait de voir le Congo et le Rwanda "vivre en bonne intelligence". Selon lui, "il faut laisser le temps au temps". Abdou Diouf d’espérer voir Paul Kagame gravir les marches du Palais du peuple à Kin. "Je souhaite que le président Kagame participe au sommet de la Francophonie à Kinshasa", a-t-il annoncé. 

Evoquant les images de femmes violées dans les provinces du Kivu, Abdou Diouf s’est dit "choqué". Il a estimé que la communauté internationale doit "tout faire" afin que "les femmes à travers le monde ne subissent plus des violences de ce genre". 

Cette vision optimiste voire enthousiaste exprimée par le numéro 1 de l’OIF sur la situation dans la Région des Grands Lacs en général et dans la partie orientale du Congo intervient au lendemain de l’échec du mini-sommet des chefs d’Etat de la CIRGL (Conférence internationale sur la région des Grands Lacs) organisé par le secrétaire général des Nations Unies en marge de l’Assemblée générale de l’organisation planétaire qui se tient à New York. L’objectif était justement de permettre aux parties d’avoir une franche discussion sur la situation sécuritaire dans l’Est du Congo et dans la Région. On le sait, la rencontre s’est terminée en queue de poisson. Le président rwandais a quitté la salle une heure avant la fin de la réunion. L’homme qui dit refuser d’être le "bouc émissaire" des problèmes "congolo-congolais", réchignait d’apposer sa signature sur le communiqué final. Le texte était truffé des passages condamnant non seulement le M-23 mais aussi les "soutiens extérieurs". "Le boycott du chef de l’Etat rwandais donne ainsi une preuve de l’absence de la volonté politique du Rwanda de cesser tout appui aux rebelles du M23, comme le lui demande instamment la communauté internationale", concluait l’envoyé spécial de l’Agence congolaise de presse dans une dépêche datée du vendredi 28 septembre. Le voeu du secrétaire général de l’OIF de voir Kagame à Kin sera-t-il exaucé? 
B.A.W

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