mardi 18 mars 2014

Exploitation pétrolière au parc des Virunga : le ministre de l’Environnement, conservation de la nature propose une évaluation préalable

Digital Congo 
18/03/2014

Le ministre Bavon N’Sa Mputu estime qu’il faut éviter toute précipitation inconsidérée ou des atermoiements funestes au sujet de l’exploitation des ressources naturelles dans le parc de Virunga. 

Pas de précipitation inconsidérée ou des atermoiements funestes sur le sort à réserver aux ressources naturelles dont regorge le parc des Virunga. Un préalable, selon Bavon N’Sa : leur évaluation. Une forte délégation a échangé avec le ministre de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme (ECNT) sur l’avenir du parc des Virunga. Pour le ministre de l’ECNT, il a rappelé, une fois de plus, la vision du chef de l’Etat, dont les idées forces s’articulent autour de la révolution de la modernité. La RDC, au vu de ses ressources naturelles, est appelée à opérer régulièrement des arbitrages cruciaux. 

L’ambition du gouvernement de la RDC est de concilier une gestion économique rationnelle avec une gestion durable des ressources naturelles, note Bavon N’Sa Mputu Elima. C’est pourquoi, le gouvernement s’est lancé dans les évaluations pour mieux connaître les potentialités en ressources naturelles afin de permettre à ce que ces ressources contribuent à l’émergence du pays à l’horizon 2030.

Le ministre Bavon N’Sa Mputu Elima a mis en évidence l’arsenal juridique adopté par le pays, notamment la loi portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l’environnement dont les mesures d’application sont en élaboration et la promulgation le mois dernier de la loi sur la conservation. La situation de guerre récurrente dans l’Est du pays ayant conduit à des déplacements massifs de la population et à augmenter la pression anthropique sur les Parcs. 

Bavon N’Sa Mputu Elima estime qu’on ne peut pas « parler de la réhabilitation des parcs sans prendre en compte les aspects sécuritaires ». Aussi ajoute-t-il que l’Etat congolais joue déjà sa partition. « 
L’ICCN jouit de l’appui total du gouvernement dans l’accomplissement de sa mission ; la mise en place d’un fonds fiduciaire dans le cadre du processus FOCON pour appuyer la conservation et la restauration des parcs. Un Administrateur gestionnaire de ce fonds sera désigné dans l’avenir ; la réduction de la pauvreté par la recherche des alternatives à la surexploitation des ressources naturelles ». 
Une alternative s’offre et le ministre Bavon N’Sa ne se prive pas de faire des projections : 
« Le gouvernement veut faire du tourisme, un moteur de croissance économique de la région et la RDC a repris sa place dans l’Office mondial du Tourisme (OMT) depuis l’année dernier ». 
Il va plus loin en considérant « la surpopulation de la région de l’Est et la nécessité d’une solution durable par la mise à jour du Plan d’aménagement du territoire national ». 



Evaluation environnementale stratégique 
Réagissant à l’inquiétude exprimée par les uns et les autres, le ministre de l’ECNT a rappelé le lancement, en mars 2011, de l’évaluation environnementale stratégique en vue d’une solution durable à la problématique de l’exploitation des ressources naturelles. Bavon N’Sa Mputu Elima martèle : « Il s’agit d’un processus exhaustif, transparent et inclusif pour étudier les options les meilleures pour le peuple congolais en ce qui concerne l’exploitation de ressources naturelles dans le Rift Albertin ». 

L’appui des partenaires étant assuré, le ministre congolais note : 
« L’acceptation de partenaires au développement de la RDC d’appuyer la réalisation de cette étude. Les termes de référence ont été finalisés et la première phase (étude de cadrage) réalisée par la Firme française SAFEGE avec l’appui financier de l’Union européenne à hauteur de 200.000 Euros. Le recrutement du Bureau d’études pour la seconde phase (évaluation environnementale stratégique proprement dite) et ce processus devait prendre fin d’ici le mois de mai 2014 ». 
La conséquence reste que « l’étude de cadrage met en évidence la nécessité de disposer d’informations fiables sur les ressources pétrolières dans le sous-sol du parc pour pouvoir réaliser l’analyse coût/avantage ou coût/efficacité au droit du Parc et la proposition des méthodes d’exploration et d’évaluation des ressources pétrolières, les moins « impactantes pour l’intégrité du Parc, de ses écosystèmes et de sa biodiversité ». 

D’où la conclusion qui s’impose de soi : 
« Pour arriver à recueillir des informations fiables sur les ressources pétrolières exploitables dans le sous-sol du Parc, élément essentiel d’analyse, par le fait qu’aucun Bailleur de fonds du secteur de l’environnement ne pourra financer des évaluations, mon Ministère a proposé que cette évaluation soit faite par les entreprises pétrolières détentrices des Contrats de partage de production approuvés par le gouvernement, au vu de leur disponibilité. La mise en place d’un comité de suivi environnemental et écologique des activités relatives à l’évaluation des ressources pétrolières par mon Ministère. Ce Comité sera élargi pour la seconde phase de l’étude ». 
L’Ecole régionale post-universitaire d’aménagement et gestion intégrés des Forêts et territoires tropicaux et l’Institut de l’environnement durable (IES) du Centre commun de Recherche (CCR) de la Commission européenne à ISPRA participeront au processus. Afin de mettre tout le monde devant ses responsabilités, Bavon N’Sa Mputu Elima recourt aux arguments géostratégiques : 
« L’évaluation des ressources pétrolières est une question aussi géostratégique. L’Unesco devra tenir compte du fait que, sur le même lac du côté ougandais, l’exploration est très avancé et cela est autant dans le Lac Albert car ses ressources peuvent être communes ». 
Le Potentiel

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