03.08.2013
Par Pierre Le Hir
Un monde plus chaud et plus aride est aussi un monde plus violent. C'est le constat que dresse, dans la revue Science du jeudi 1er août, l'une des études les plus exhaustives menées à ce jour sur le sujet. A la lumière des tumultes de l'Histoire, ses auteurs estiment que, dans le futur, "le changement climatique d'origine anthropique risque d'augmenter considérablement les conflits de par le monde". Une conclusion qui est loin de faire l'unanimité parmi les experts.
Depuis quelques années, la littérature scientifique regorge de travaux sur le lien potentiel entre les paramètres climatiques et les comportements humains belliqueux. Avec des résultats contradictoires et très discutés. Solomon M. Hsiang et ses collègues américains (universités de Princeton et de Berkeley, Bureau de recherche économique de Cambridge) ont donc tenté une approche panoramique balayant dix millénaires – des peuplements préhistoriques du Sahara jusqu'aux récents conflits africains –, sur les cinq continents.
Les sécheresses intenses peuvent occasionner des déplacements de populations massifs.
En 2011, le camp de Dadaab, au nord-est du Kenya, a accueilli 380 000 réfugiés somaliens .
AFP/Simon Maina
Procédant à une "méta-analyse" des études antérieures, ils en ont sélectionné soixante – les plus rigoureuses selon eux –, publiées dans vingt-six revues, traitant de quarante-cinq conflits et produites par près de deux cents chercheurs, climatologues, archéologues, historiens, géographes, économistes, politologues, psychologues et même criminologues. Puis ils ont passé au crible cette masse de données avec un traitement statistique unifié.