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jeudi 1 septembre 2011

Election présidentielle : «Joseph Kabila» se paie des «Bami»

Congo Indépendant
01/09/2011

A trois mois de l’organisation des élections présidentielle et législatives, le président sortant «Joseph Kabila» a déserté momentanément sa résidence de «La raquette» à la Gombe, mieux connue sous le sobriquet de «GLM». Depuis quelques jours, l’homme a emménagé dans sa ferme de Kingakati. Loin des yeux et des oreilles indiscrets. C’est en ce lieu qu’il met au point sa stratégie de conservation du pouvoir. Le scrutin présidentiel étant un rendez-vous entre un homme et un peuple, le «raïs» reçoit à tour de bras les notables jouissant d’une certaine notoriété aux quatre coins du pays. Les gouverneurs de province sont réduits au rôle de «rabatteurs». Deux chefs coutumiers appartenant à la grande ethnie Bashi du Sud Kivu ont été reçus dans la "Ferme présidentielle". Il s’agit des «Bami» (pluriel de Mwami) Jean-Désiré Kabare et Pierre Ndatabaye.

Après dix années passées à la tête de l’Etat, «Joseph Kabila» semble avoir attrapé la «maladie du pouvoir» à l’instar de la plupart des chefs d’Etat du continent qui rêve d’une sorte de «présidence à vie». Et ce, en dépit d’un bilan désastreux au plan économique et social. Des chefs d’Etat qui ne se décident de s’en aller que forcés et contraints par un coup d’Etat ou par une révolution populaire. Le successeur de Mzee veut rempiler. A défaut de convaincre les Congolais de sa capacité à leur proposer un nouveau «rêve d’avenir», «Joseph» recourt à la ruse et à la corruption. Il est prêt à payer le prix à coup de centaines de milliers, voire des millions de dollar.

Les promesses
Lundi 29 août, le Mwami Jean-Désiré Kabare (Kabare) et son collègue Pierre Ndatabaye (Ngweshe) ont été reçus par «Kabila». De quoi ont-ils parlé ? «Les chefs traditionnels ont indiqué avoir fait avec leur hôte le tour d’horizon de la situation politique en RD Congo en général et au Sud-Kivu en particulier, indique une dépêche de l’Agence congolaise de presse. Ils ont en outre indiqué avoir passé au peigne fin la situation sécuritaire au Sud-Kivu, avant d’exprimer leur volonté de voir le programme des cinq chantiers se poursuivre dans cette partie du pays.» En un mot comme en cent, les deux "chefs féodaux" ont fait leur choix.
Est-ce également l’avis des habitants de la province du Sud Kivu ? Rien n’est moins sûr.

Depuis plus de décennies, les provinces du Kivu paient au prix fort la difficile coexistence entre les communautés hutue et les tutsie du Burundi et du Rwanda. L’assassinat en octobre 1993 du président hutu Melchior Ndadaye a vu déferler dans le Sud Kivu (Uvira) des milliers de Hutu burundais fuyant la répression de l’armée composée à majorité des Tutsi. Le déclenchement de la guerre civile au Rwanda en avril 1994 a entraîné un afflux massif de plusieurs millions de Hutu rwandais après la prise du pouvoir à Kigali par les troupes du Front patriotique rwandais (FPR). Ces événements ont servi de points de départ d’un cycle de déstabilisation. La guerre dite de «libération» de 1996-1997 et la «rébellion» pro-rwandaise du RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie) de 1998-2003 ont mis ces deux Régions riches en minerais stratégiques à la merci des bandes armées nationales et internationales.

«Je prends l’engagement que le gouvernement garantira, plus que jamais, la sécurité des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire congolais», déclarait «Joseph Kabila» dans son discours d’investiture. C’était le 26 janvier 2001, c’est-à-dire dix jours après la disparition du président Laurent-Désiré Kabila dans des circonstances non-éclaircies à ce jour. Dans une allocution prononcée le 26 janvier 2002, le nouveau chef de l’Etat de lâcher une phrase lourde de sens : «Aussi, les Congolais doivent-ils savoir que leurs intérêts, leurs profondes aspirations feront toujours l’objet de mes préoccupations primordiales».

«Atuone Kitu»
Lors de l’élection présidentielle de 2006, «Joseph Kabila» avait battu campagne sur le thème «Artisan de la paix». La persistance de l’insécurité des personnes et des biens dans les deux Kivu, cinq années après, a valu à la RD Congo le surnom peu élogieux de «capitale mondiale du viol». «Joseph» a fait beaucoup de promesses dont la pacification et le rétablissement de l’autorité de l’Etat. Que voit-on? Le pouvoir politique accuse une impuissance frisant la connivence face aux bandes armées et autres trafiquants. L’insécurité prévaut non seulement au Sud mais aussi au Nord Kivu. Selon des voyageurs, il ne se passe pas un jour sans que l’on déplore un assassinat dans l’espace Beni-Butembo. Par ailleurs, les localités de Butembo, Beni, Lubero, Kiwanja, Kirumba et Kanyabayonga seraient quasiment "occupées" par des «militaires rwandais» nommés par «Joseph Kabila», sous le label CNDP (Congrès national pour la défense du peuple).

A Kingakati, les deux chefs coutumiers bashi ont signifié au chef de l’Etat leur volonté de voir les «Cinq chantiers» «se poursuivre». L’année dernière, un jeune Bukavien a été arrêté et molesté par des agents de l’Agence nationale de renseignements (ANR) pour avoir composé une chanson pamphlétaire intitulé «Atuone Kitu» en langue swahili. Traduction : «Nous n’avons rien vu!». Le jeune ironisait justement sur les prétendues réalisations des "Cinq chantiers". En 2006, le président-candidat «Kabila» avait promis aux Kivutiens tant du Nord que du Sud le rétablissement de la fourniture d’eau et de l’électricité à Butembo. Il avait promis également : le lancement des travaux de réhabilitation de la voirie à Goma et l’asphaltage du boulevard de Butembo. Il semble que le bitumage de la route Beni-Kisangani constituerait l’unique engagement dont les travaux ont été entamés.

"Démarche alimentaire"
De nombreux Kivutiens contactés, mercredi soir, par la rédaction de Congo Indépendant n’ont pas trouvé des mots assez durs pour fustiger la «démarche alimentaire» des deux chefs traditionnels. «Les deux Bami auraient reçu chacun 200.000 $US pour soutenir Joseph Kabila», commente une source jointe au téléphone à Kinshasa. Et d’ajouter : «Leur démarche a été unanimement condamnée et n’engage qu’eux-mêmes.» Pour étayer son propos, notre source de rappeler qu’en 2006, les deux chefs coutumiers avaient mordu la poussière lors de l’élection sénatoriale au Sud Kivu. «Un véritable camouflet qu’ils n’ont jamais pardonné ni aux députés provinciaux ni à leur propre population, ajoute la source. Comme ils sont connus comme des simples jouisseurs ils ont opté pour leur propre bien-être matériel.»

Le même son de cloche a été entendu à Bruxelles : «Les Bami Kabare et Ndatabaye ont choisi d’être heureux tout seul pendant que leurs filles et leurs mères sont violées tous les jours». Pour nos interlocuteurs, «Joseph Kabila» n’a pas compris que «les temps ont changé» et «qu’il se trompe d’époque». Et de conclure : «Heureusement que la population semble avoir compris et ne suit plus les deux Bami. Mais la misère est telle que peut être en distribuant cinq dollars à chaque famille comme en 2006, Joseph Kabila pourrait toujours s’attirer des sysmpathies. Il n’y aura jamais de véritable démocratie dans ce Congo aussi longtemps que la population sera confrontée à la pénurie». Rappelons que Pierre Ndatabaye et Jean-Pierre Kabare ont été respectivement membre du Comité central du MPR parti-Etat et membre du Conseil législatif, sous la Deuxième République.
Baudouin Amba Wetshi

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