************ QUI AURAIT SOUVENIR D'UN MAGASIN MAMPEZA A COQUILHATVILLE ? IL ETAIT TENU PAR UNE FAMILLE PORTUGAISE ! PRENDRE CONTACT AVEC LA WEBMASTER. EMAIL : tvcn156753@tvcablenet.be MERCI. ************ QUI AURAIT CONNU DANS LA PROVINCE DE L'EQUATEUR , FIN DES ANNEES 1940 ET JUSQUE 1960, DENIS GOUVRIER, AGRONOME. IL AURAIT TRAVAILLE PRINCIPALEMENT A MONKOTO, BOENDE ET PEUT-ETRE DANS LA REGION DE COQUILHATVILLE. PRENDRE CONTACT AVEC LA WEBMASTER. EMAIL : tvcn156753@tvcablenet.be. MERCI. ************

vendredi 9 décembre 2011

En RDC, l'opposition conteste les résultats de la présidentielle avant leur publication

Le Monde.fr
09.12.11 16h13

Une affiche électorale de Joseph Kabila à Kinshasa (RDC),
le 7 novembre 2011.
AFP/GWENN DUBOURTHOUMIEU Kinshasa Envoyé spécial 

La mine triste sous la lumière crue de la salle de réception d'un grand hôtel de Kinshasa, le docteur Didier picore sans faim le buffet dressé par le parti de la majorité présidentielle. Jeudi 8 décembre, et pour la deuxième soirée de suite, le docteur, tout comme quelques centaines d'autres militants, avait pourtant sorti son plus beau costume.

Mais la fête, une fois encore, n'a pas eu lieu. L'annonce programmée de la réélection, le 28 novembre, de Joseph Kabila (40 ans) à la présidence de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a été repoussée au lendemain. Peut-être.

Le docteur Didier le concède avec une pointe d'énervement : "Je n'y comprends plus rien." La veille, la CENI accordait plus de 2,5 millions de voix d'avance au président Kabila après avoir compilé, disait-elle, les résultats de 90 % des bureaux de vote. Bureaux dont elle seule semble connaître l'adresse.

Le concurrent direct du président sortant, l'opposant historique Etienne Tshisekedi, ne pouvait pas, mathématiquement, remonter ce handicap. Ce soir devait être le grand soir pour les partisans d'un Joseph Kabila silencieux et invisible depuis le vote. La victoire était apparemment inéluctable dans ce pays où 32 millions d'électeurs avaient été appelés à voter.

Sauf que la CENI se déchire et que de plus en plus de voix s'élèvent pour mettre en doute la crédibilité du scrutin qui s'est déroulé de façon chaotique le jour du vote.

Le 28 novembre, sur ce territoire grand comme quatre fois la France, sillonné de quelques routes trop rares, des bureaux n'ont jamais ouvert parce qu'ils n'ont jamais reçu - par air, à pied ou en pirogue - leur liste électorale ni les urnes et les bulletins. Des dizaines d'autres ont été brûlées dans le Kasaï oriental parce que le gouverneur de la région nommé par le pouvoir a été surpris en train de bourrer les urnes. Vingt tonnes de bulletins, dont on a perdu la trace, ont été acheminées depuis l'Afrique du Sud après la clôture du scrutin.

"Invérifiable"
La CENI, en voulant rattraper les imperfections d'une liste électorale établie à la hâte, a aussi permis tant de dérogations pour les électeurs que des bureaux de vote du Nord-Kivu (est du pays) ont enregistré des taux de participation de 123 %. "Et depuis le début de la phase de compilation des résultats, c'est encore plus opaque", s'alarme un observateur étranger sous le couvert de l'anonymat.

Jusqu'à mercredi pourtant, la CENI a égrené des résultats qui, invariablement, traçaient la voie de Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, vers un nouveau mandat de cinq ans. "Mais la CENI n'a jamais indiqué aucun taux de participation ni détaillé les bureaux de vote", remarque Sami Badibanga, conseiller politique de M. Tshisekedi. Lequel, à 79 ans et auréolé de trente années d'opposition, a revendiqué sa victoire avant même le jour du vote. "Nous avons des procès-verbaux du vote mais tout ce que la CENI nous dit est invérifiable", souligne à juste titre Sami Badibanga.

Le parti au pouvoir a fini par le concéder. "Notre candidat l'a emporté, mais il ne faut pas ouvrir une brèche dans la contestation et il faut publier les résultats bureau par bureau", explique Aubin Minaku, secrétaire général du parti de la majorité présidentielle.

Le ministère des affaires étrangères français, le département d'Etat américain, l'Union européenne et l'influente Eglise catholique congolaise ont également demandé à la CENI de publier des résultats détaillés. N'est-ce pas trop tard ? "Chaque camp revendique la victoire, sauf qu'après tant de désorganisation et de fraudes nous ne connaîtrons sans doute jamais les résultats réels de cette élection. Ces résultats sont devenus accessoires. Il s'agit maintenant d'un rapport de force politique", s'inquiète le chef d'un groupe d'observateurs.

A Kinshasa, chacun s'attend d'ailleurs à ce que le second tour de cette élection - ramené en janvier à un seul tour par un Joseph Kabila conscient de sa chute de popularité - se joue donc dans la rue.

Jeudi, devant le siège d'Etienne Tshisekedi, les brigades d'intervention rapide de la police, équipées de neuf de pied en cap, armes et véhicules compris, ont montré leurs intentions en chargeant, à bord de pick-up lancés à vive allure, une poignée de partisans de M. Tshisekedi désarmés. Arrestations musclées, lacrymogènes. Puis l'opération s'est arrêtée lorsque d'autres policiers chargés, eux, de la sécurité de M. Tshisekedi ont tiré sur leurs collègues. "Ça, c'est un désordre", se désolait un officier de la police. "C'est le début de la mutinerie", rétorquait un autre.

Christophe Châtelot
Article paru dans l'édition du 10.12.11

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire