13/12/2011
Le "raïs" lors de l’élection présidentielle de 2006
Daniel Ngoy Mulunda est pris en flagrant délit de… tricherie. International Crisis Group et le Centre Carter, des organisations non gouvernementales réputées, ont émis des sérieuses réserves sur la crédibilité des résultats des votes publiés par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Il s’agit particulièrement des chiffres en provenance de certains bureaux de vote au Katanga mais aussi d’autres provinces. Que constate-t-on? Joseph Kabila y a réalisé carrément un "zéro faute" : 100%. Il n’y a que les simples d’esprits pour croire à pareil canular. Nombre de missions diplomatiques dont celle du Royaume-Uni s’interroge également sur la véracité des données communiquées par le "pasteur-président". Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, devient dubitatif.
Selon mon ami qui sait tout sur tout et presque tout sur rien sur les potins de Kinshasa-Lez-Immondices, là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir. C’est donc sans gêne que le "pasteur Daniel" a proclamé la "victoire" du "raïs". Mon ami croit savoir que la dernière nuit de compilation des procès-verbaux (PV) a eu lieu en présence d’Augustin Katumba Mwanke, alias AK47, ce conseiller sans dossier fixe (CSDF), qui joue également le rôle de "bras financier" du «raïs». Il a fallu venir à bout des réticences exprimées par les membres du Bureau de la Ceni, issus de l’opposition. Il fallait les "convaincre" à apposer leurs signatures au bas des PV, le sésame qui a permis la publication des résultats. C’était le vendredi 9 décembre.
A en croire mon ami qui sait décidément tout, depuis cette fameuse soirée du 9 décembre, aucun chef d’Etat sérieux ne s’est précipité, comme de coutume, pour féliciter le «vainqueur». C’est le silence plat en Occident. Il en est de même en Asie et en Afrique. Fidèle à son habitude, le «lauréat» désigné par la Ceni n’a pas pris la peine de se manifester pour remercier ceux qui l’ont "élu massivement". Il est vrai qu’il a des choses plus urgentes à règler : il tue. Vingt mille hommes lourdement armés - dont des mercenaires étrangers venus des pays voisins - sont chargés de cette mission à travers la ville de Kinshasa. A vaincre sans péril, dit l’adage, on triomphe sans gloire. C’est une mission sans risque face à une population civile désarmée.
Mon ami de poursuivre que le mensonge grossier débité par le "Pasteur" lui reste coincé à la gorge comme une arête de "Ngolo". Etienne Tshisekedi alias «Mwena Nkwassa» renâcle à accepter l’inacceptable. Il n’est pas question pour lui de laisser les tricheurs de la République très très démocratique du Congo lui voler une victoire arrachée de haute lutte. Les partis d’opposition unis derrière lui ont rejeté en bloc les chiffres du "Pasteur". Les capitales de l’Union européenne, aux Etats-Unis et en Afrique du Sud sont prises d’assaut par la diaspora congolaise, toute tendance confondue. Les Congolais de l’étranger ont choisi d’affronter la nébuleuse "communauté internationale" sur son propre terrain. Une manière, dit mon ami, d’attirer l’attention des opinions publiques de ces pays sur ce qui se passe réellement dans l’ex-Zaïre du maréchal Seseskul. Et dire, souligne-t-il, que "Papa Sese" a été destabilisé parce que, disait-on, il constituait un "obstacle à la démocratie" et un "prédateur des droits et libertés". Mon ami de s’interroger : "Que dire des "exploits" du "raïs"? Pourquoi ce mutisme des chantres de la promotion de la démocratie et des droits de l’Homme en Afrique?"
Affecté par tant d’hypocrisie dans le chef des "maîtres du monde", mon ami conclurt en citant Albert Einstein : "Le monde est dangereux à vivre non pas tant à cause de ceux qui font le mal mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire". Pour mon ami, en s’accrochant au pouvoir, le "raïs" prend le risque de se voir affubler du surnom peu glorieux de "premier tricheur de la République". Aucun peuple ne peut s’enorguellir d’être dirigé par un tricheur...
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