04/04/2014
Point de presse de protestation énergique du ministre en charges des médias contre des accusations de complicité entre les FARDC et les rebelles rwandais des FDLR spécialement visés par des opérations combinées de traque d’éradication de ces forces négatives infestées à l’est de la RDC
Jeudi au cours d’un point de presse, le porte-parole du Gouvernement a protesté énergiquement contre les propos de Rfi qui affirme que les FARDC et ceux qui la dirigent seraient complices des FDLR. Parce que cela voudrait dire que le Gouvernement s’accommoderait des souffrances indicibles subies quotidiennement par les compatriotes du Nord-Kivu et du Sud-Kivu depuis près de 20 ans. Pour Lambert Mende, ce que Rfi vient de faire, peut donner l’eau au moulin de tous les autres aventuriers qui cherchent une occasion pour envahir le territoire congolais. C’est donc une atteinte grave aux efforts de paix dans la région, surtout qu’on ne peut pas vous accorder des facilités et brûler la maison de celui qui vous a accueilli.
Le Gouvernement de la République ne pouvait pas rester indifférent face aux propos débités par Rfi jugés d’inacceptables et qui sont de nature à occulter d’une part les nombreux efforts déployés pour mettre un terme à l’existence des FDLR sur le territoire et d’autre part les enjeux qui expliquent la récurrence des séditions, des sévices et des agressions qui n’ont que trop compromis les intérêts politiques, socioéconomiques et sécuritaires du pays.
La Radio France internationale (Rfi) est tombée de nouveau trop bas dans la diffusion de son dernier reportage sur la présence des rebelles rwandais des Fdlr en République démocratique du Congo. Sans se donner la peine de vérifier le fait, elle a qualifié de complaisante l’attitude de Kinshasa face à ces rebelles. C’est ce qu’a rejeté avec force le porte-parole du Gouvernement congolais hier, lors d’un point de presse.
Réagissant à ce dérapage, Lambert Mende a regretté le fait que la radio mondiale soit tombée dans la subjectivité sans pourtant vérifier l’information. Ce qui dénote un manque de professionnalisme, surtout lorsqu’on sait que la vérification est la règle élémentaire dans le traitement de toute information dans ce dossier des Fdrl. En effet, le Gouvernement de la République a manifesté sa volonté pour un retour volontaire des FDLR dans leur pays d’origine. Une initiative louable, d’autant qu’elle parait moins coûteuse, et c’est même la voie soutenue par la communauté internationale.
Au regard de tout ce qui précède, tout le monde devra savoir que des informations de grande sensibilité touchant l’armée, la sécurité, l’intégrité du territoire national, ainsi que d’autres, obligent une vérification rigoureuse au préalable. Ceci est une règle à laquelle on doit absolument s’en tenir.
La Rfi qui maîtrise bien cela, a semblé oublié et a tiré à boulets rouges sur le Gouvernement qu’elle accuse de tous les péchés d’Israël. C’est une faute professionnelle qui mérite une interpellation à l’endroit de l’auteur du reportage, et doit être vite corrigée afin de préserver la crédibilité de cette grande maison de presse.
A Kinshasa, la réaction n’avait pas tardé. Selon le ministre Lambert Mende, le n° 1 de Rfi est déjà saisi par une correspondance du Gouvernement congolais. A ce jour, les difficultés que rencontrent les FARDC par les FDLR tiennent de la prise en otage des populations par ces rebelles rwandais. Qu’est-ce qu’on fait lorsque la population est prise en otage? se demande Lambert Mende, qui dit que c’est facile de critiquer. « Nous avons une population qui a été prise en otage. Pourquoi on doit accorder la raison aux extrémistes de la région des Grands Lacs de croire que nous ne voulons pas combattre les FDLR ? », s’interroge-t-il, avant d’ajouter que la prise d’otage crée une situation qui nécessite beaucoup plus de temps. Et il ne faut pas avoir cette légèreté de juger à la place des autres.
Et le ministre de poursuivre qu’on ne peut pas faire le sensationnel ; on ne peut pas jouer avec la sécurité de tout un peuple. En disant que le Gouvernement congolais est complaisant vis-à-vis des FDLR, on met de l’huile au feu, conclut-il. Car en suivant de près ce reportage de Rfi, Kinshasa dit y avoir trouvé une tentative pour ce média international de vouloir nuire, mieux de jeter les troubles là où la paix gagne du terrain. « Nous ne pouvons pas continuer de tolérer que les gens qui sont en train de nous informer, creusent en même temps notre tombe », a réagi Lambert Mende, porte-parole du Gouvernement, avant de s’étendre sur plusieurs autres sujets d’actualité.
Non au néocolonialisme
Sur un autre chapitre, Lambert Mende a fustigé le comportement d’une certaine catégorie de Congolais qui, pour donner une certaine crédibilité à un communiqué de presse, doivent passer derrière les Ong internationales. C’est ce qui démontre le rapport de Human Rignts Wacht qui stipule que la Rdc devrait adopter un avant-projet de loi relatif à la création de chambres spécialisées mixtes chargées de juger les responsables d’atteintes graves aux droits humains.
Tout ce qu’on peut dire, les ONG signataires de la déclaration y relative se livrent à une tentative hilarante de défoncer une porte ouverte. Et pourtant, dans son discours tenu devant les deux chambres du parlement réunies en Congrès le 23 octobre 2013, le Chef de l’Etat avait relevé à l’intention des institutions de la République le caractère judicieux desdites chambres spécialisées.
Et par la suite, le Gouvernement a entamé la discussion en commission des lois et en conseil des ministres du projet de loi portant organisation et fonctionnement des chambres mixtes spécialisées dans certaines juridictions congolaises. Cette législation est donc en pleine gestation. Le Gouvernement qui informe que la réflexion est donc en cours, s’étonne de constater que les auteurs de la déclaration publiée le 1er avril dernier reconnaissent à cet égard des avancées concrètes enregistrées au cours des derniers mois, notamment la révision par le Gouvernement de l’avant-projet sur les chambres spécialisées mixtes, et l’adoption en décembre 2013, par une commission de l’Assemblée Nationale, de la loi de mise en œuvre du Statut de la CPI.
« On peut simplement s’étonner de voir qu’alors que le Gouvernement attend à cet effet le point de vue des organisations de la société civile congolaise, entre autres citoyens de la Rdc, la chose est présentée comme devant résulter des oukases d’organisations périphériques. C’est tout à fait irrationnel comme approche », souligne-t-il, avant de conseiller aux Congolais de se défaire du colonialisme.
Les Congolais doivent dire non à la méprise
A l’occasion de ce point de presse, les journalistes invités ont voulu savoir pourquoi le Chef de l’Etat s’accroche-t-il au pouvoir ? Pourquoi Kabila était absent-il à Bruxelles ? A quand le Gouvernement de cohésion nationale plus de 5 mois après son annonce ? Et quid de l’ouverture démocratique au Rwanda. Par rapport à la première préoccupation qui insinue que le Chef de l’Etat s’accrocherait au pouvoir, Lambert Mende a conseillé à ses compatriotes de se réveiller, d’autant plus que l’objectif est de mépriser le peuple congolais et son Chef. « Quelqu’un qui a été élu en 2011 pour terminer son mandat en 2016, vous voulez le distraire pour qu’il entre en campagne ? », s’est-il demandé.
Pour lui, Joseph Kabila a prêté serment en 2011 et il va respecter la Constitution de la République. Et on a tort de minimiser cela, car c’est leur pays qui est méprisé et non Joseph Kabila. A la question de savoir pourquoi Joseph Kabila était-il absent au quatrième sommet organisé entre l’Union européenne et l’Afrique à Bruxelles. Ce quatrième sommet Union européenne – Afrique s’est achevé hier jeudi 3 avril par des déclarations à la presse des présidents du Conseil européen (Herman Van Rompuy), de la Commission européenne (José Manuel Barroso), de l’Union africaine (Mohamed Ould Abdelaziz) et de la Commission de l’UA (Nkosazana Dlamini-Zuma). Le prochain sommet entre les deux continents aura lieu en 2017, en Afrique cette fois.
Pour Lambert Mende, Joseph Kabila est un homme libre qui participe dans un forum qu’il veut. « Pourquoi le Président de la République aurait-il peur de ses concitoyens ? « Combattants », s’est-il demandé, tout en insistant sur le fait que ce sont des choses infantiles et c’est ridicule. Pour un autre journaliste, pourquoi plus de cinq mois après la clôture des Concertations nationales, il n’y a pas toujours de Gouvernement de cohésion nationale ? Lambert Mende a rappelé que les Concertations n’ont pas pris une seule résolution. « Le Comité de suivi a tiré 100 recommandations essentielles », dit-il, avant de mentionner que les Concertations ont prévu la loi de l’amnistie et la procédure est en cours au ministère de la Justice et Droits humains ; les mêmes Concertations prévoient les textes sur le genre, etc.
En effet, si pour le Gouvernement de cohésion nationale Kabila a dit qu’il sortira pendant la session parlementaire qui va jusqu’au 15 juin 2014, on ne peut qu’attendre et cela peut intervenir demain ou après demain. Pour le porte-parole du Gouvernement, la formation d’un Gouvernement n’est pas si facile. Il s’agit de la Majorité présidentielle, de l’Opposition politique et de la Société civile et il s’agira de prendre les uns et laisser les autres.
Mais selon certaines indiscrétions, les consultations sont presque terminées en vue de la nomination d’un nouveau Premier ministre. Et selon le compromis trouvé avant le voyage du Président de l’Assemblée nationale à Bujumbura (Burundi), un quota de 60% est accordé à la Majorité présidentielle, 30% à l’Opposition et 10% à la Société civile.
Pas d’interventionnisme
Une question a été posée à Lambert Mende, celle de savoir que peut faire la Rd Congo pour pousser le Rwanda à l’ouverture démocratique. A cette question, le ministre a indiqué de la même manière que nous contestons les prétentions de certains pays à régenter les problèmes dans d’autres pays, devons-nous aller plus loin ? Et de répondre que nous ne devons pas le faire. Il appartient au Rwanda de résoudre ses problèmes internes avec l’appui de la communauté internationale. « Notre philosophie ne nous autorise pas de donner notre façon de faire à un autre pays », souligne-t-il.
Il a affirmé que ce que Rfi vient de faire, peut donner l’eau au moulin de ces aventuriers à la quête d’une seule occasion pour envahir notre pays. C’est une atteinte grave aux efforts de paix dans la région, surtout qu’on ne peut pas vous accorder des facilités et brûler la maison de celui qui vous a accueilli.
L’Avenir
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