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jeudi 26 février 2015

Jeune ministre, vieux réflexes

Le Soir - Le Carnet de Colette Braeckman 
23 /02/ 2015

Avant de s’embarquer pour Kinshasa, Alexander De Croo aurait du s’inspirer de l’exemple du Premier Ministre Charles Michel qui s’entretient régulièrement avec l’ancien ministre des Affaires étrangères: écouter son père Herman et s’inspirer, non seulement de sa prudence mais aussi du respect réciproque et de la bonne connaissance du terrain qui inspirait ses relations avec ses nombreux amis congolais. 

La « sortie » que s’est permise à Kinshasa le nouveau ministre de la coopération n’est pas infondée pour autant: chacun sait qu’à moins de deux ans des prochaines élections, le pays risque de traverser une nouvelle zone des tempêtes lorsqu’il s’agira de trouver le financement du scrutin et de respecter le calendrier. En outre, provoqué par les disparités sociales et la corruption à nouveau grandissante, le mécontentement est patent et il fut l’une des causes des manifestations violentes de janvier dernier. A ce constat, il faut ajouter la motion de défiance adressée à la Monusco, alors que l’on s’interroge
toujours sur les chances de succès des opérations promises contre les rebelles hutus. Mais la question n’est pas celle de la pertinence des propos, elle est à la fois belgo belge et belgo congolaise : est il opportun que le Ministre de la coopération, sous prétexte de « parler vrai » supplante son Ministre des affaires étrangères et, pour Bruxelles, est il bien utile d’ « enfoncer le clou », d’insister sur le fait que la bouteille non seulement est à moitié vide mais que le niveau baisse dangereusement ? Il faudrait reconnaître aussi que les signaux ne sont pas tous au rouge : la population a démontré sa maturité politique et le pouvoir lui-même, en reculant (peut-être pour mieux sauter…) a démontré sa capacité d’écoute, même si le renforcement des mesures sécuritaires et répressives est de plus en plus alarmant. 

M. De Croo l’ignore peut-être mais dans la région des Grands Lacs, plus que partout ailleurs en Afrique, les mentalités sont en train de changer : le nationalisme se réveille, les susceptibilités sont à vif, les donneurs de leçons sont de plus en plus mal vus. Voici un mois encore, alors que de Croo avait suspendu un crédit de 40 millions de dollars le président Kagame n’avait il pas fait savoir que « la Belgique était libre de faire ce qu’elle voulait de son argent… » Ce qui signifie aussi que d’autres partenaires se bousculent, plus discrets sinon aussi efficaces… 

On avait pu croire que les discussions sur la souveraineté, le respect entre partenaires, la recherche du bien commun appartenaient au passé et que certains principes de base avaient désormais été intégrés par notre diplomatie, tant vis à vis de l’Afrique que d’autres régions du monde. L’incident actuel montre que les vieux réflexes ont la vie dure, même parmi les jeunes ministres et que l’expérience et la sagesse des pères n’est pas transmissible.

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