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samedi 7 mars 2015

Le parc des Virunga aiguise de nombreux appétits

La Libre Belgique 
27/02/2015
par Marie-France Cros


La Libre Belgique révèle comment l’invasion du parc national congolais par des paysans est organisée par un syndicat, contre rémunération. 

Or, les agriculteurs sont parmi les principaux destructeurs de celui-ci. Invasion contre « protection » 

Le plus ancien parc d’Afrique, celui des Virunga, dans le Kivu (est du Congo), est l’objet de bien des appétits . Ceux de groupes armés, qui chassent son précieux cheptel sauvage pour le manger ou vendre des trophées et réduisent en charbon de bois sa couverture forestière. Ceux de groupes pétroliers qui veulent creuser son sous-sol, et ceux de populations – locales ou déplacées par la guerre – à la recherche de terres à cultiver. 


Syndicat agricole 
Long de 300 km et large de 50 km au maximum, le parc national des Virunga a de très longues « frontières », ce qui rend encore plus difficile sa défense contre l’invasion des populations vivant sur les sols fertiles qui le bordent. Jusqu’ici, celles qui cultivaient illégalement le sol du parc semblaient poussées simplement par la nécessité et le manque de terre. Selon une personne qui a eu l’occasion d’étudier la question dans la région de Beni et Lubero (nord), pourtant, les invasions sont, au contraire, organisées par un syndicat agricole local « qui a pignon sur rue ». Et cela contre rémunération. 
Selon cette source, les agriculteurs désireux de recevoir une parcelle du parc pour y cultiver paient au patron de ce syndicat - appelons-le « Monsieur K. » - une somme fixée, additionnée d’une redevance à chaque récolte. En échange, ils sont « protégés ». 

Un état dans le parc 
Car, poursuit cette source, Monsieur K. a divisé la parc en territoires, à la tête desquels il a placé des « kapitas » (contremaîtres) issus de groupes combattants Maï-Maï. Il s’agit de groupes armés locaux ; créés contre l’intervention militaire rwandaise de 1996, ils ont vite tourné au banditisme pur et simple. 
Ces Maï-Maï sont chargés de recruter les agriculteurs et de les « protéger ». Cette protection s’organise en entraînant au maniement des armes – dans le parc, à l’abri des regards – les jeunes gens parmi ces agriculteurs, ce qui permet, en cas de besoin, de les « mobiliser ». Les Maï-Maï sont assurés d’être nourris grâce aux « redevances » payées par les paysans. 
Les agriculteurs qui sont en ordre de paiement disposent d’un « jeton » - un papier signé par Monsieur K. – qui leur sert de « titre » de possession. « Chaque Kapita est à la fois chef administratif de son fief et chef de section militaire, explique cette source. Bref, un véritable mini-Etat clandestin à l’intérieur du parc. 
Selon la source, cette organisation officieuse bénéficie de l’appui de notables à Beni, Goma et Kinshasa – parmi lesquels figurent des députés.  

Une agriculture très destructrice 
Le parc national Albert – l’ancien nom du Parc des Virunga – fut créé par le colonisateur belge en avril 1925, il y a bientôt 90 ans, sur pression de la famille royale belge et de conservationnistes. C’est la plus ancienne réserve naturelle d’Afrique. Pour la créer, les populations locales furent expropriées sans états d’âme. Selon le Pole Institute de Goma (avril 2013), « les droits des populations locales – de pêche, de coupe de bois, de pacage ou de culture – arrivaient loin derrière les intérêts biologiques ou zoologiques ». 
Dès 1923, des zones de pacage traditionnelles avaient été interdites au bétail, ce qui créa, selon le Pole Institute, « les premiers mouvements internes de pasteurs à la recherche de pâturages dans le Masisi » et des confrontations avec les agriculteurs en raison du rétrécissement de l’espace disponible. Après la Seconde Guerre mondiale, une logique de conciliation a commencé à être mise en œuvre »pour améliorer les revenus des populations locales et leur accès aux protéines animales : un « accès mesuré des populations locales aux eaux du lac Edouard » fut autorisé. Des « glissements » de populations furent organisés pour « désengorger » des zones à forte pression démographique. 

Incapacité à imposer l’ordre et la loi 
En 90 ans, cependant, note le Pole Institute, « à chaque fois qu’une fenêtre d’opportunité s’est offerte (…) les réflexes des populations riveraines ont été l’envahissement anarchique du parc » national des Virunga. L’administration coloniale a longtemps réussi à contenir l’expansion des populations dans le parc, note l’institut, parce qu’il avait le monopole de la violence, mais « 50 ans plus tard, les choses ont fondamentalement changé » : multiplication des bandes armées, « incapacité de l’armée à imposer l’ordre et la loi » ; délabrement des services publics tels que le cadastre ; absence de politique d’occupation des espaces … 

En 2007, on comptait donc quelques 60.000 paysans dans le parc, rapportait alors l’agence de presse congolaise APA, qui notait que l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) « se heurte souvent aux élus locaux ». Pour être élus en 2006, ajoutait l’agence, certains ont en effet promis aux occupants du parc qu’ils pourraient y rester et les ont encouragés à résister à la loi qui le leur interdit. 

Destructrice agriculture sur brûlis 
Or, les agriculteurs sont parmi les principaux destructeurs du parc, parce qu’ils pratiquent la traditionnelle agriculture sur brûlis. 
« L’essartage est le mode de production le plus répandu en Afrique centrale. Or, il faut 20 à 25 ans pour reconstituer le couvert forestier », notait le Pr Cédric Vermeulen, de l’ULG-Gembloux, dans un numéro de « Parcs et Réserves » consacré au Congo (3e trimestre 2013). 
« C’est un système qui fonctionne avec des densités de l’ordre de 25 habitants au kilomètre carré. Sinon, ce système tombe en faillite et le raccourcissement du temps de jachère mène à la déforestation. » 
Dans le même numéro de la revue, Guy Bayima, directeur technique de l’ICCN, évoquait les plaintes déposées par son organisme contre les occupants illégaux du parc : « c’est à peine si le ministère public s’en saisit et considère que c’est une affaire importante ». MFC

Revue "Parcs et Réserves" 3e trimestre 2013 en PDF consacré exclusivement aux "Aires protégées de la RDCongo.

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