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samedi 4 avril 2015

RDC: nouveau recours de la famille Chebeya

RFI 
03/04/2015

Un man avec un t-shirt avec les portraits de 
Floribert Chebeya et Fidèle Bazana attend, en avril 2013, 
le procès d'un des principaux accusés dans l'affaire. 
AFP PHOTO / JUNIOR D. KANNAH 

L'affaire Floribert Chebeya, du nom du célèbre militant des droits de l'homme assassiné en 2010 avec son chauffeur Fidèle Bazana, prend une nouvelle tournure. Vendredi 3 avril, l'un des avocats de la famille Chebeya a ouvert une autre procédure judiciaire. Une requête de prise à partie déposée devant la Cour suprême. Son objectif : demander à l'auditeur de l'armée congolaise en charge de l'instruction d'expliquer pourquoi il a jusqu'à présent refusé que le général John Numbi, le chef de la police à l'époque, soit entendu par la justice. 

Dès juillet 2010, la veuve de Floribert Chebeya dépose une plainte contre John Numbi. Le chef de la police de l'époque avait rendez-vous avec son mari la veille de sa mort, une raison suffisante, selon elle, pour qu'il soit entendu. Mais sa demande est laissée sans suite.

En juillet 2012, la famille Chebeya dépose une nouvelle plainte contre l'ex-chef de la police, suite aux révélations de l'un des accusés en fuite, Paul Mwilambwé. Un mois plus tard, l'auditeur militaire répond par courrier qu'il n'est pas nécessaire, selon lui, d'instruire cette plainte. Deux ans plus tard, deux sommations suivent. Elles demandent une explication formelle au refus de donner suite aux plaintes de la famille, en vain. 
« Il y a eu une plainte qui a été déposée par soeur Chebeya pour pouvoir étendre l'instruction à d'autres personnes que celles qui sont déférées maintenant devant la cour militaire. Et comme l'auditeur général des forces armées n'a pas déféré à cette demande, c'est la raison pour laquelle, selon la procédure, cet acte de refus de l'instruction est attaqué par la prise à partie », explique Maître Jean-Joseph Mukendi, avocat près de la Cour suprême. 
Résultat, avec cette procédure de prise à partie, l'objectif est d'obliger l'auditeur militaire à s'expliquer devant la Cour suprême. Pourquoi a-t-il à ce jour refusé que John Numbi soit entendu par la justice ? Les avocats de la famille Chebeya espèrent, au final, provoquer l'inculpation de l'ex-chef de la police, personnage clé mais grand absent de cette affaire, comme le souligne maître Jean-Joseph Mukendi : « les personnes déférées ne semblent pas être les seules responsables du meurtre de Chebeya et Bazana. Nous pensons donc, de cette façon, aller de l'avant dans la recherche de la vérité. » 

Désormais, la Cour de cassation a quinze jours pour notifier l'auditeur militaire et exiger une justification. Quant au procès en appel pour l'assassinat de Floribert Chebeya et la disparition de son chauffeur Fidèle Bazana, suspendu pendant deux ans, il doit reprendre le 21 avril.

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