21/12/2011
Par Freddy Monsa Iyaka Duku
Dernier acte de la présidentielle 2011 : prestation de serment du président élu. Joseph Kabila Kabange se succède à lui-même. Il a accompli cet exercice constitutionnel hier, mardi 20 décembre. La cérémonie publique et solennelle s’est déroulée à la Cité de l’Union africaine, en présence des personnalités étrangères et des notabilités nationales. Une page de l’histoire de notre pays est ouverte.
Joseph Kabila Kabange, président élu au terme de l’élection présidentielle 2011, avec 48,95% des suffrages exprimés, a prêté serment hier mardi 20 décembre. Et ce, conformément au calendrier de la Commission électorale nationale indépendante, CENI, qui, après l’annonce des résultats provisoires, a transmis ceux-ci à la Cour suprême de justice. En sa séance du 16 décembre, la Cour suprême de justice, après examen du recours ayant trait au contentieux électoral, a confirmé les résultats de la CENI et proclamé Joseph Kabila Kabange, président élu.
La cérémonie publique et solennelle s’est déroulée à la Cité de l’Union africaine en présence des personnalités étrangères et notabilités nationales. Une cérémonie qui haute en couleurs au regard de son importance et de sa portée politique. Cette prestation de serment est le dernier acte de cet épisode de la présidentielle 2011. Une page de l’histoire est en train d’être tournée et une autre s’ouvre.
LE SENS D’UN SERMENT
Mais au-delà de tout le rituel qui a entoure cette cérémonie solennelle, il y a le sens à donner au serment.
En effet, conformément à l’article 74 de la Constitution, le président de la République élu, avant son entrée en fonction, prête devant la Cour constitutionnelle, aujourd’hui la Cour suprême de justice faisant fonction, le serment ci-après : «Moi… élu président de la République démocratique du Congo, je jure solennellement devant Dieu et la nation :
- D’observer et de défendre la Constitution et les lois de la République ;
- De maintenir son indépendance et l’intégrité de son territoire ;
- De sauvegarder l’unité nationale ;
- De ne me laisser guider que par l’intérêt général et le respect des droits de la personne humaine ;
- De consacrer toutes mes forces à la promotion du bien commun et de la paix ;
- De remplir, loyalement et en fidèle serviteur du peuple, les hautes fonctions qui me sont confiées».
Ce serment renforce des mots qui sonnent comme des coups de martelet : «Constitution et lois de la République… indépendance et intégrité du territoire… unité nationale… bien commun et paix… fidèle serviteur…». Des mots en eux-mêmes qui constituent de grands défis à relever dans cette perspective de bâtir un Etat de droit, de sauvegarder les attributs de la souveraineté nationale, de respecter la mémoire collective, les biens de la communauté et d’être au service de la nation. Ce serment est le programme de tous les programmes dans cette perspective de se doter d’un Etat émergent.
Voilà qui confirme bien cet adage selon lequel les élections ne sont pas du tout une fin en soi. Elles constituent le moyen le plus sûr de respecter la Constitution et les lois de la République, de maintenir l’unité nationale, l’intégrité du territoire, le respect de la personne humaine et du bien de la communauté.
Pour la deuxième consécutive, le président Joseph Kabila est appelé à remplir les hautes fonctions de la République qui lui sont confiées par le peuple. Mais à la différence que le présent mandat est placé sous le signe de la consolidation, du renforcement et la préservation des acquis déjà obtenus.
Comme pour dire que le président Kabila ne bénéficiera point de la période de grâce. En témoignent les critiques formulées sur son premier bilan. Fondées ou pas, il lui revient d’analyser chaque aspect du problème et d’en tirer les leçons qui s’imposent.
Beaucoup plus, c’est de se montrer rassembleur pour autant qu’il est le «président de la République, de tous les Congolais» ; qu’il soit de la Mouvance présidentielle ou de l’Opposition. Une observation qui tient du choix de ses proches collaborateurs des plus immédiats et des relations interinstitutionnelles. Ce temps de s’appuyer sur des «griots» est révolu, mais bien sur des personnalités compétentes, au sens élevé de responsabilités professionnelles et politiques avec des reflexes dignes d’hommes d’Etat.
DEBUT DE CHOSES SERIEUSES
Cette prestation de serment marque ainsi le début des choses sérieuses. De prime abord, et il n’y a pas lieu de se voiler la face, il y a cette crise politique qui ne dit pas encore son nom à gérer. Tous les honneurs lui reviendront si jamais il s’appuyait sur ses hautes qualités d’homme d’Etat pour renforcer la concorde nationale au regard des intérêts supérieurs de la Nation.
Il est vrai qu’aujourd’hui plus qu’hier et mieux que demain, la poursuite du vaste programme de «Cinq chantiers» requiert la contribution de tous les fils de ce pays. Qu’il soit de la majorité ou de l’Opposition.
L’autre défi à relever est la lutte contre les fléaux qui gangrènent la société congolaise. Le chef de l’Etat a eu à les dénoncer, le 1er juillet 2009 ; les «5 fléaux» à combattre et qui bloquent la machine de l’Etat et handicapent la bonne marche de la reconstruction nationale. Il s’agit de l’indiscipline, de la corruption, de la concussion, de la gabegie financière et de l’intolérance.
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