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mercredi 3 décembre 2014

Le Congolais In Koli Jean Bofane reçoit le Grand prix du roman métis

RFI 
02/12/2014
Par Catherine Fruchon-Toussaint

L'auteur congolais Koli Jean Bofane,
lauréat du Grand prix du roman métis 2014
pour « Congo Inc. »,
publié aux éditions Actes Sud.
Lionel Lecoq 2010
Après la Camerounaise Léonora Miano en 2013, c'est l'écrivain congolais In Koli Jean Bofane qui vient d'être couronné par le Grand prix du roman métis. 
Une récompense qu'il reçoit ce mardi 2 décembre à La Réunion, à Saint-Denis, où a été créé, il y a cinq ans, ce prix qui distingue les auteurs dont les livres mettent en lumière « les valeurs de métissage, de diversité et d'humanisme, symboles de l’île de La Réunion ». 
Des qualités que le jury a trouvées dans le roman de In Koli Jean Bofane intitulé « Congo Inc. ». 

Cela fait plus de 20 ans qu'In Koli Jean Bofane a quitté le Congo où il est né en 1954 à Mbandaka. Mais même de Belgique, son regard ne cesse de scruter son pays d'origine. Après des textes pour la jeunesse, et un premier roman très remarqué intitulé "Mathématiques congolaises", l'écrivain lauréat du Grand prix littéraire d'Afrique noire en 2008, est revenu il y a quelques mois avec une fable caustique mais lucide sur le Congo où il met en scène un pygmée avide d'argent. 

Pourquoi "Congo Inc" ? 
« Le fil conducteur était la mondialisation, explique In Koli Jean Bofane. 
Issu du Congo, je voulais regarder cette guerre du Congo et je dis que le premier grand drame de la mondialisation est cette guerre du Congo qui a fait six millions de morts. 
On a connu des banques et des chutes de banques, mais, en fait, ce n’était rien. C’était juste un épiphénomène, même s’il y avait quelques morts ou des gens qui se sont suicidés. 
C'est-à-dire qu’on maquille toujours les guerres sous une bannière quelconque, mais là, non. Là, on ne se donne même pas la peine de chercher un enjeu. Il n’y a pas d’enjeu politique. Il n’y a pas de revendications. Il n’y a rien. Il n’y a pas de conquête de territoire. Il n’y avait jamais personne qui a déclaré tout cela. Tout ce que l’ONU dit aujourd’hui, c’est que c’était une guerre de pillage. C’est le business. »

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