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vendredi 12 décembre 2014

Le trafic d’espèces menacées en 10 chiffres (effrayants)

Le Monde 
11/12/2014 
par Audrey Garric


Jeudi 11 décembre, la caserne Kellermann, siège d'une partie de la Garde républicaine, dans le 13e arrondissement de Paris, accueillait un séminaire d'un genre particulier : la lutte contre le trafic d'espèces menacées. 

Organisée par l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp) et le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), cette journée a réuni une quarantaine de participants – douaniers, magistrats, enquêteurs, agents de l'office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et du muséum national d'histoire naturelle – afin de dresser un état des lieux des différents trafics liés aux espèces sauvages et des actions à mener pour lutter efficacement contre. Voici dix chiffres – une liste bien évidemment non-exhaustive – sur cette criminalité qui explose dans le monde, touchant l'Afrique, l'Asie, l'Amérique du Sud, mais également la France. 

14,5 milliards d'euros. C'est ce que pèse chaque année la criminalité liée aux espèces sauvages, qui se classe au 4e rang des activités illicites les plus lucratives au monde, derrière le trafic de drogues, les contrefaçons et la traite d'êtres humains, selon le WWF et l'IFAW dans son rapport La Nature du crime, publié en septembre 2013. Ce trafic, qui englobe le braconnage, la capture, la collecte ou le commerce d'espèces, attire les criminels en raison des risques faibles, des profits élevés et des sanctions légères. Huit pays sont pointés comme des rouages majeurs : le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie, les Philippines, la Malaisie, la Thaïlande, le Vietnam et la Chine.

Au-delà des braconniers locaux, cette criminalité est aux mains de groupes de milices rebelles et de membres du crime organisé. Elle a par exemple financé l'Armée de résistance du Seigneur en Ouganda, les Janjawid au Soudan ou les Chabab en Somalie. "Ce sont des réseaux très biens organisés qui ont une grande adaptation à tous les changements, qui trouvent des itinéraires de contrebande et qui sont pour l'instant hors de contrôle", explique Céline Sissler-Bienvenu, la directrice de l'IFAW France et Afrique francophone. 


800 espèces C'est le nombre d'espèces inscrites à l'Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites), signée en 1973 et ratifiée par 175 pays. Cette annexe interdit le commerce d'animaux considérés comme en danger immédiat d'extinction, comme certaines populations d'éléphants, les tigres, gorilles, tortues marines, ainsi qu'un certain nombre de grands félins, de perroquets ou aras. L'Annexe II, elle, définit les espèces qui doivent recevoir une protection, et qui font donc l'objet d'un commerce restreint et contrôlé, notamment via des permis d'exportation des animaux et produits dérivés. 

L’organisation Traffic, un programme conjoint du WWF et de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) pour la surveillance du commerce des espèces sauvages, estime que le commerce illicite concerne chaque année 500 à 600 millions de poissons tropicaux, 15 millions d’animaux à fourrures, cinq millions d’oiseaux, deux millions de reptiles, 30 000 primates.  


2 000 cornes C'est le nombre de nouvelles cornes de rhinocéros entrées dans le trafic en provenance d'Afrique l'an dernier, soit 30 fois plus qu'en 2000. Trois rhinocéros meurent tous les jours en raison de ce trafic essentiellement destiné au Vietnam et à la Chine. Les cornes, réduites en poudre, y sont en effet parées de vertus thérapeutiques et aphrodisiaques – jamais démontrées scientifiquement –, à l'instar également des os de tigres. L'ivoire, elle, est convoitée pour fabriquer des bijoux ou des objets d'art. Aujourd'hui, un éléphant meurt toutes les 15 minutes dans le monde pour son ivoire. Au total, 30 000 à 35 000 pachydermes sont tués chaque année, sur une population qui compte 500 000 individus, et ce, en dépit du moratoire sur le commerce de l’ivoire adopté en 1989 par la Cites. 

51 000 euros/kilo C'est le prix de la corne de rhinocéros sur le marché noir, bien plus élevé que celui de l’or (37 900 euros) ou du platine (43 200). Le kilo d'ivoire, lui, se vend environ 1 500 euros le kilo.  
139 malfaiteurs C'est le nombre de personnes recherchées par Interpol pour des atteintes à l'environnement. Le 6 octobre, l’organisation mondiale de police a lancé l’opération Infra-Terra ciblant 139 malfaiteurs en fuite recherchés par 36 pays membres, pour des infractions comprenant, entre autres, la pêche illégale, le trafic d’espèces sauvages, le commerce et le déversement illégaux de déchets, les coupes illégales de bois et le commerce illégal d’ivoire. Interpol a sollicité l'aide du public pour neuf d'entre eux, pour lesquels aucune nouvelle piste n’a pu être trouvée. Depuis, un de ces criminels, le Zambien Ben Simasiku, poursuivi pour possession illégale de 17 objets en ivoire, a été arrêté le 2 décembre

1 000 rangers C'est le nombre d'éco-gardes qui ont été tués par des braconniers ces dix dernières années, dans 35 pays différents, lors d'incidents liés au trafic d'espèces sauvages, selon un décompte de l'ONG Game Rangers International. "Un chiffre probablement sous-estimé", prévient Céline Sissler-Bienvenu, de l'IFAW. 


9 500 annonces Le commerce d’animaux sauvages se fait de plus en plus en ligne, ce qui complique la lutte contre cette criminalité, comme l'a démontré le dernier rapport de l'IFAW, Recherché, mort ou vif, publié fin novembre. Au terme d'une enquête menée début 2014 sur 280 sites de vente en ligne dans 16 pays, l'ONG a trouvé un total de 33 006 spécimens, parties du corps et produits dérivés d'espèces menacées proposés à la vente dans près de 9 500 annonces pour une valeur estimée d'environ 7,8 millions d'euros. 32 % des annonces recensées concernaient de l'ivoire authentique ou présumé, 54 % des animaux vivants. 

En France, les enquêteurs ont couvert 17 sites de vente en ligne et recensé 1 192 annonces d’espèces menacées pour une valeur de près d’un million d’euros. Trois sites s’illustrent particulièrement dans ce commerce : leboncoin.fr (346 annonces), naturabuy.fr (336 annonces) et marche.fr (185 annonces). "Nous devons collaborer avec ces sites marchands afin qu'ils aient connaissance de la réglementation de la Cites et qu'ils renforcent leur base de mots-clefs permettant de contrôler les annonces suspicieuses", avance Céline Sissler-Bienvenu. 

3 tonnes Ce sont les stocks d'ivoire illicites détruits par la France en février 2014. Les 698 défenses brutes ou travaillées et les 15 357 pièces d'ivoire (statuettes, bijoux…) provenaient de saisies réalisées par les douanes depuis l'instauration du moratoire sur le commerce international de l'ivoire en 1989. 80 % de la marchandise a été interceptée à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. 

"La France est une zone de transit pour le trafic d'espèces menacées", assure le colonel Bruno Manin, directeur de l'Oclaesp. Cette criminalité concerne les animaux emblématiques, tels que les éléphants ou rhinocéros, mais aussi des espèces françaises. En métropole, la civelle est ainsi braconnée pour répondre à la demande croissante asiatique, où elle est un mets de luxe. Il en va de même avec les lambis dans les espaces ultra marins." Il reste toutefois très difficile d'obtenir des chiffres sur le nombre d'espèces braconnées en France, le poids économique de ce trafic et les trafiquants condamnés, ces informations n'étant pas encore centralisées. - 


15 000 euros C'est l'amende encourue pour le trafic d'espèces en France. Elle s'élève à 150 000 euros en bande organisée et est passible, dans tous les cas, de six mois de prison. La France doit se doter, dans le cadre du projet de loi sur la biodiversité, d'un plan d’action national de lutte contre le trafic des espèces sauvages menacées, qui renforcera notamment ces peines à 150 000 euros en cas d'infraction simple, 750 000 euros pour un trafic en bande et un an de prison. 

12 personnes C'est le nombre d'agents de l'Oclaesp, sur les 70 que compte l'office, qui travaillent sur le trafic d'espèces sauvages. L'équipe dédiée comporte quatre enquêteurs déployés à plein temps ainsi qu'un groupe de soutien de huit personnes, qui alternent avec d'autres dossiers : des analystes criminels, des cyber-enquêteurs et des enquêteurs financiers. Ces agents effectuent de la veille, mais ne peuvent pas encore enquêter sous pseudonyme. Cette technique spéciale d'enquête est en effet encadrée par la loi Perben II de 2004, qui l'autorise pour la pédopornographie, le terrorisme ou encore le trafic d'humains. "Nous avons fait une demande pour élargir ce type d'enquête aux trafics d'espèces menacées, ce qui nous permettrait d'entrer en contact avec les contrebandiers pour les identifier et les interpeller plus facilement", explique Bruno Manin. 
Audrey Garric

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