13/01/2015
Un important dispositif policier a été déployé hier
alors que l'opposition voulait manifester son opposition
à la loi électorale discutée au Parlement.
Une dizaine de personnes ont été blessées lundi 12 janvier 2015.
AFP/Papy Mulongo
Nouvelle journée sous tension à Kinshasa, en République démocratique du Congo. Pour la deuxième fois en deux jours, une manifestation de l’opposition a été empêchée, et dispersée par un impressionnant dispositif policier. Le bilan est d'une dizaine de blessés dont un blessé grave au pied. Huit policiers ont été blessés par des jets de pierres et un manifestant en possession d'une barre de fer a été arrêté. L’opposition voulait empêcher l’examen de la loi électorale qui prévoit un recensement avant la présidentielle et les législatives en 2016. Après la manifestation avortée, l'opposition a tenté de faire suspendre la plénière au Parlement.
Malgré le chahut, le président de l’Assemblée nationale choisit de poursuivre les débats.
De son côté, le parti au pouvoir rejette les accusations de glissement des élections. Pour le gouvernement, il est crucial de connaître le nombre exact d’électeurs congolais pour une juste répartition des sièges à l’Assemblée. « On peut recenser les gens en 2015, et en 2016 faire les élections. Qui vous dit qu’il n’y aura pas d’élection ? », interroge Emmanuel Ramazani Shadari, président du groupe parlementaire du PPRD. « Cette loi ne modifie aucune disposition de la Constitution. C’est une loi potable, une loi adaptée aux réalités congolaises. L’opposition a peur d’aller aux élections. Ils ont crié mais c’est un brouhaha inutile : nous assumerons jusqu’au bout ! »
Le projet de loi électorale est maintenant entre les mains d'une commission de députés. Elle a 48 heures pour examiner et proposer des modifications de la loi. La loi électorale sera donc reéxaminée jeudi au plus tôt et non pas aujourd'hui, jusqu'à nouvel ordre. Les députés de la majorité se disent déterminés à adopter cette loi coûte que coûte.
A peine le temps de faire trois pas dans la rue, les manifestants se regroupent et tentent d’expliquer leur démarche. «Il faut que les parlementaires sachent que le peuple n’est pas content de ce qu’ils veulent faire aujourd’hui : la révision de la loi électorale ». Mais sans sommation, des tirs de grenades assourdissantes retentissent, suivis de gaz lacrymogènes. Panique et premiers blessés. Kudura Kassongo, ex-porte-parole du président rallié à l’opposition, a une plaie sur chaque jambe...
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