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samedi 28 février 2015

Ouverture du 24e Fespaco: «Le Fespaco n’a jamais fait de censure»

RFI 
28/02/2015 
Par Siegfried Forster

Le siège du Festival panafricain du cinéma et de la télévision à Ouagagougou (FESPACO), 
le 28 février 2015, quelques heures avant l'ouverture de la 24e édition. 
Siegfried Forster / RFI 

Très attendu après la révolution d’octobre au Burkina Faso, le plus grand Festival de cinéma en Afrique fête ce samedi 28 février dans la capitale burkinabè son ouverture au Palais des Sports de Ouaga 2000. C’est le nouveau directeur général du Fespaco, Ardiouma Soma, qui nous renseigne sur les défis de cette édition 2015 : la projection de «Timbuktu», la censure, la diaspora, le numérique, les tendances du cinéma africain... 134 films de tout le continent africain et de la diaspora africaine seront projetés lors du 24e Festival panafricain du cinéma et de la télévision à Ouagadougou, la capitale du cinéma africain. Entretien. 

RFI : Après un long moment de suspens, le président de Burkina Faso avait appelé jeudi à diffuser Timbuktu d’Abderrahmane Sissako au Fespaco et le ministre de la Culture burkinabè a assuré hier que le film restera dans la compétition. Est-ce que ce samedi 28 février vous pouvez garantir que Timbuktu sera finalement projeté comme prévu et comme n’importe autre film de la compétition ? 
Ariouma Soma : Le film Timbuktu d’Abderrahmane Sissako a été sélectionné dans la compétition officielle, donc il est dans la course auprès de 18 autres longs métrages pour l’Etalon d’or de Yennenga, il se trouve dans le catalogue et dans le programme de la projection des films. Donc il n’y a aucun problème, aucun souci par rapport à la diffusion du film. 

Avec Cellule 512 et L’œil du cyclone, il y a deux films burkinabè dans la compétition, est-ce que cela signifie que le cinéma burkinabè est dans un bon état ? 
Il y a deux films burkinabè dans la compétition, deux films marocains et deux films algériens. Il y a un certain nombre de pays en Afrique qui ont une industrie de cinéma et qui se portent plus ou moins bien. On a la chance que ce festival se tienne ici, au Burkina Faso. Le cinéma burkinabè est toujours en train de chercher sa voie, de se construire. Il y a un cinéma burkinabè qui existe. Pour preuve, aujourd’hui, au Burkina Faso, il y a des salles de cinéma qui fonctionnent, essentiellement grâce à la production de films burkinabè. Donc je ne dirais pas que c’est une industrie de cinéma qui va très bien, mais c’est une industrie de cinéma qui existe et qui est en voie de développement. 

C’est le premier Festival après la révolution. Est-ce un nouveau départ pour le Fespaco ? Et qu’est-ce qui va changer ? 
Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision d’Ouagadougou a toujours bénéficié du soutien constant des gouvernements burkinabè, quel que soit le régime au pouvoir. C’est cette dynamique qui continue, parce que le Burkina Faso, depuis 1972, a pris l’engagement de faire de ce festival un lieu unique, un lieu exceptionnel de rencontres de la culture. Des rencontres où les cinéastes africains et les artistes dans tous les autres domaines des arts se rencontrent pour communier autour du cinéma africain et de la culture, d’une façon simple, autour d’un dialogue interculturel qui se développe à chaque édition. 

Vous avez sélectionné 134 films, dont 20 en lice pour l’Étalon d’or de Yennenga, la Palme d’or du Fespaco. Quelle est la tendance cette année ? 
Tous les films sélectionnés sont en fait le reflet d’une Afrique dynamique. C’est sous ce sceau que se place la sélection du Fespaco 2015. Ce sont des films qui montrent l’Afrique dans son évolution et sa progression. Cette sélection montre aussi l’importance et le rôle des artistes d’une façon générale et des cinéastes en particulier. Ils ont décidé de s’impliquer dans la vie de leur nation, dans l’évolution de leurs différents pays et de se mettre au côté de leurs compatriotes pour raconter l’Afrique actuelle et témoigner à toutes les générations qui viendront demain. 

Il y a Run de Philippe Lacôte, Fièvres de Hicham Ayouch, Timbuktu d’Abderrahmane Sissako, beaucoup de films programmés au Fespaco sont déjà connus et même souvent déjà primés ? Où se trouve la véritable découverte Fipa ? 
Parmi les 20 films, il y a beaucoup de films que le public du Fespaco 2015 va découvrir pour la première fois et au moins sept films font leur grande première comme Morbayassa du Guinéen Cheik Camara, L'œil du cyclone du Burkinabè Salif Traoré ou Cellule 512 de Missa Hebié, également du Burkina Faso. 

Pour la première fois, des films de la diaspora sont acceptés. Qu’est-ce que cela change pour le Fespaco et les cinéastes ? 
La prise en compte de la diaspora à la compétition officielle pour l’Étalon de Yennenga se situe dans une évolution normale de ce festival. Par le passé, le Festival était exclusivement réservé aux réalisateurs africains. Plus tard, nous avons noté l’engouement de nos frères et sœurs de la diaspora africaine pour ce festival. Une section a été donc créée exclusivement pour les films de la diaspora. Mais, de plus en plus des revendications ont commencé à venir au Festival pour dire : pourquoi décidez-vous de nous faire venir sur le continent qui est notre patrie mère, mais quand nous arrivons dans notre patrie mère, nous ne sommes pas acceptés par nos frères ? 

Depuis la révolution d’octobre, il y a des langues qui se sont libérées. Certains parlent d’une censure qui existait jusqu’ici au Fespaco. 
Je suis depuis de longues années à la délégation artistique du Fespaco. Donc tout ce qui s’est passé au Fespaco avant, je suis partie prenante et je peux vous dire que le Fespaco n’a jamais fait de censure. La preuve, cette année, le ministre de la Culture a reçu la sélection du Festival juste le matin même de la conférence de presse. Et tous les gouvernements du Burkina laissent la main libre à la direction du festival qui fait lui-même la sélection et son travail artistique sans une influence quelconque. 

Vous avez mis le défi du numérique en Afrique cette année au centre du Fespaco. Quel est l’état actuel du numérique en Afrique ? 
La question du numérique se situe dans l’évolution technologique normale de l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel. Comme on ne peut pas arrêter cette évolution, nous devons réfléchir à une meilleure exploitation de cette technologie. C’est pourquoi le Fespaco a fait une entrée progressive vers le numérique. Et maintenant, on a décidé le saut intégral dans le numérique. Mais en faisant en sorte que certains cinéastes africains ne restent pas sur le bas-côté du chemin. Les débats que nous avons décidés à instaurer pendant ce Fespaco tourneront autour de cette question. Je pense que le numérique a quelque chose de bon, parce que c’est grâce à l’arrivée du numérique que beaucoup de jeunes Africains aujourd’hui ont accès au cinéma et à l’audiovisuel et arrivent à dire des choses. Je pense que c’est une opportunité que le numérique offre aujourd’hui avec l’arrivée de la télévision terrestre aux créateurs africains. 

La révolution avait eu lieu aussi grâce aux initiatives comme le Balai Citoyen, grâce aux artistes engagés. Est-ce que cette énergie de la jeunesse et cette énergie artistique vont être présentes au Fespaco 2015 ? 
Toute l’énergie de la jeunesse africaine et de la jeunesse du Burkina va forcément se ressentir au Fespaco. Nous organisateurs du Fespaco, nous avons un programme artistique avec de l’événementiel autour [la star sénégalaise Ismaël Lô sera l’attraction de la cérémonie d’ouverture, ndlr], mais depuis longtemps déjà le Fespaco n’appartient plus à ses organisateurs. À partir du moment où l’espace a été créé, tous les Africains et tous les gens qui s’intéressent à l’Afrique se sont approprié cet espace et organisent des choses pendant le Festival. 

Il y a deux ans, six ministres de la Culture africains, entre autres, avaient voté au Fespaco la Déclaration solennelle de Ouagadougou pour la promotion du cinéma en Afrique. Quel est le bilan après deux ans ? 
Cette réflexion a apporté des fruits. On s’est même rendu compte, pendant la sélection de cette édition, qu’il y a beaucoup de pays qui habituellement n’étaient pas présents dans les inscriptions de films, mais qui sont là. Il y a des écoles de cinéma qui ont ouvert leurs portes en 2013 et 2014 dans certains pays africains. Il y a beaucoup de pays africains – sans mettre forcément d’une façon formelle des fonds – qui ont commencé avec une production cinématographique. Depuis cet appel au Burkina, l’aide à la production a connu une évolution et nous sommes en train de créer une agence de développement des industries culturelles et créatives et dans laquelle l’agence du cinéma est réellement et fortement prise en compte pour son financement. Donc il y a des choses qui se font petit à petit. La discussion n’est pas terminée, il faut la poursuivre. 

Ardiouma Soma, le directeur général du 24e Fespaco dans son bureau 
avec l'Etalon d'or de Yennenga, la Palme d'or africain. 
Siegfried Forster / RFI

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Souhaitons leur bonne chance !

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