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mardi 3 mars 2015

Fespaco: «Morbayassa», un portrait acide de l’Afrique et de l’Occident

RFI
03/03/2015
Par Siegfried Forster

« Morbayassa », de Cheick Fantamady Camara, 
en lice pour l’Etalon d’or du Fespaco 2015. 

« Morbayassa », en lice pour l’Etalon d’or du Fespaco 2015, est un vieux conte guinéen que le réalisateur Cheick Fantamady Camara a utilisé pour raconter le combat de Bella, une Guinéenne d’aujourd’hui. Forcée à abandonner son bébé à l’adoption et de se prostituer, le film raconte sa lutte pour trouver sa véritable identité et régler ses comptes. Entretien avec le réalisateur de la Guinée qui dresse aussi dans son deuxième long métrage un portrait acerbe et mordant des relations entre l’Occident et l’Afrique. 

RFI : D’où vient l’idée du film ?
Cheick Fantamady Camara : C’est venu d’une simple remarque entre un ami français et moi. En 1995, à Bamako, j’étais deuxième assistant-réalisateur d’un film dont j’ai rencontré l’ingénieur du son. Deux ans après, je suis parti en France pour un stage. Alors j’ai retrouvé l’ingénieur du son qui me disait avoir adopté entretemps avec sa femme une petite fille au Mali. J’étais très content pour eux. Un jour, invité chez lui, je lui ai posé la question : à l'adoption, on vous a dit que les parents de la fille sont morts, mais si un jour sa maman descendait du ciel pour vous dire qu’elle vient pour reconnaître son enfant, quelle serait votre réaction ? Il m’a regardé bizarrement. C’est là que l’idée du film est née. 

« L’Afrique est une chose, les Africains, c'est une autre. » Quand cette phrase a été prononcée dans le film, les spectateurs du cinéma Burkina à Ouagadougou ont beaucoup rigolé . Le scénario avait prévu cet effet ? 
Oui, parce que c’est exactement ça l’Occident : l’Afrique, la terre, la richesse, c’est ça qui intéresse l’Occident, les Africains ne les intéressent pas. Ils n’ont rien à foutre des Africains. 

Est-ce aussi la raison d’être de l’échange entre le chargé de mission des Nations unies qui veut faire la morale au proxénète et ce dernier lui réplique : « Nous faisons le même métier : vous, aux Nations unies, vous êtes le maquereau des chefs d’Etat » ? 
Les Nations unies, c’est quoi ? Ce sont les cinq pays [les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, ndlr] qui dirigent le monde. Ils font tout, c’est eux qui foutent la merde et la guerre partout, c’est eux qui viennent comme des pompiers et manipulent tout. Ils proposent les armes pour éteindre la guerre et nous on paye les factures. En fait, c’est qui les Nations unies ? 

« Morbayassa » commence avec l’exploitation des femmes, avec l’histoire de Bella, incarnée par la chanteuse malienne Fatoumata Diawara, forcée à se prostituer dans un cabaret. Et le film finit avec un trouble autour d’une jeune fille guinéenne adoptée par un couple français. Pour vous, ces deux sujets touchent à la même question ? 
Le thème principal est le combat d’une femme qui ne veut pas accepter son destin et ce que la nature lui a imposé. Elle veut changer son destin. En elle seule, il y a trois femmes : la prostituée, la mère et la femme au foyer. 

Le titre « Morbayassa » résume-t-il cette idée que la nature et la tradition sont plus fortes que tout ? 
« Morbayassa » est une très grande légende en mandingue. « Morbayassa » est le nom d’un couple. Mori est le mari et Yassa est la femme. Ils étaient tellement ensemble qu’on a réuni les deux noms en Morbayassa. En mandingue, c’est aussi le nom d’une danse rituelle. Si j’ai un problème, je prête un serment au nom du couple Morbayassa. Et si mon problème est résolu, je viens danser pour les remercier.

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