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mercredi 11 mars 2015

Pendant que le Parlement est non consulté, des experts congolais et rwandais esquissent le tracé de nouvelle frontière RDC-Rwanda

Digital Congo 
11/03/2015

Alors que le gouverneur Léon Pétillon avait déjà tranché la question en 1953, la question du tracé de la frontière entre le Rwanda et la RDC est confiée à des experts qui situent cette frontière au village Bushawanga à 10 km de Goma dans le territoire de Nyirangongo 

Après cinq ans de travaux, les experts congolais et rwandais se sont finalement mis d’accord sur la délimitation de la frontière commune séparant la RDC et le Rwanda. Et comme signal fort de leur « compromis », ils ont fait enger, le samedi 21 février 2015 au village Bushawaga, situé à10km de Goma, dans le territoire de Nyiragongo, une « borne géodésique ». Il est question de réinstaller, à partir de cette borne de référence, au moins 17 bornes sur les 22 détruites par on ne sait qui et pour des raisons inavouées, selon le constat fait en 2009. • 

On rappelle que le Rwanda n’a cessé de réclamer, depuis l’arrivée au pouvoir de Paul Kagame en 1994 et l’affaiblissement militaire de la RDC, la révision de la frontière commune. A Kigali, on parlait même de la nécessité d’organiser une Conférence de Berlin II afin de réexaminer les frontières de 1885. Dans le souci de mettre un terme aux incidents frontaliers récurrents entre les armées congolaise et rwandaise, les Nations Unies et l’Union Africaine avaient recommandé la mise sur pied d’une commission mixte, chargée de revisiter le tracé de cette frontière. A en croire lesdits experts, la frontière entre le Rwanda et la RDC, héritée de la colonisation belge depuis 1911, ne serait pas modifié. Ils affirment que la pose de nouvelles bornes devrait obéir aux données recueillies sur le terrain, à celles des archives datant de 1911, des cartes géographiques ainsi qu’à celles de GPS. 

Pourquoi maintenant ? 
Même si les officiels congolais soutiennent que l’opération ne comporterait aucun risque pour la partie congolaise, elle ne soulève pas moins des interrogations. La première concerne le moment choisi pour passer aux actes, à savoir les vacances parlementaires. Pourquoi n’avoir jamais porté un tel dossier au niveau des deux chambres du Parlement, afin que sénateurs et députés en débattent et fixent la nation sur l’opportunité ou non de poser de nouvelles bornes pour séparer la RDC du Rwanda. 

Depuis 2009, c’est le même scenario. C’est presque - toujours pendant les vacances parlementaires que les experts des deux pays s’activent pour faire avancer les travaux relatifs au tracé de la frontière commune. Qu’est-ce qui fait qu’une question aussi sensible ne donne toujours pas lieu à un débat national, comme cela se passe dans des Etats où les gouvernants tiennent compte de l’opinion publique avant de décider des matières qui touchent à la souveraineté nationale ? 

La seconde question est de savoir pourquoi l’on s’est précipité à planter une nouvelle borne au Nord- Est de la ville de Goma, alors que la fièvre pré-électorale provoquée par la publication, par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) du calendrier électoral global bat son plein aux quatre coins du pays et chez nos compatriotes de la diaspora. Fort préoccupée par les contraintes financières et pesanteurs politiques de nature à provoquer le glissement effectif du processus, électoral, la communauté nationale risque de ne pas prêter suffisamment attention à ce qui se passe dans la partie Est du pays. 

Le modus operandi choisi par les experts rwandais et congolais ne serait-il pas de mettre les populations congolaises devant le fait accompli ? 

Et si l’on se trompait de trace ? 
Dans le dossier de la délimitation de la frontière congolo-rwandaise, l’on ne comprend pas pourquoi tout se passe au niveau d’un petit carré d’initiés. S’il n’y a rien à cacher à la multitude, le devoir de transparence aurait dû inciter les décideurs congolais à recueillir les avis et considérations du plus grand nombre, afin que l’option finale à lever ne s’apparente pas à la remise en cause de ce qui avait été décidé par les puissances occidentales à Berlin, en 1885. 

A présent que -l’opération de pose de nouvelles bornes est lancée, qu’arriverait-il s’il s’avérait, dans un avenir proche ou lointain, que les fameux « experts » se seraient trompés dans leurs études ? L’on sait, de tradition, que chaque fois que se pose un problème de « borne » aux frontières avec ses voisins, la RDC n’est jamais gagnante. On l’avait vécu en 2007 à Kahemba, lorsque des militaires angolais avaient visiblement déplacé des bornes pour faire gagner à leur pays des espaces à l’intérieur du territoire congolais. De graves divergences étaient apparues entre l’Assemble Nationale et le gouvernement, au point que l’exécutif avait finalement opté pour la position de Luanda, au détriment de l’intérêt des filles et fils de la RDC. 

A l’époque de Mobutu, le Burundi avait gagné plusieurs kilomètres carrés de terres du côté d’Uvira, sous prétexte du redressement de la frontière commune. Depuis un temps, plus ou moins long, l’armée ougandaise se permet plusieurs incursions en territoire congolais, en soutenant que les villageois congolais occuperaient anarchiquement leur territoire. On ne sait plus compter le nombre de fois que les douaniers congolais sont chassés de leurs postes par des militaires ougandais, dans le memo optique de l’annexion d’une partie de la Province Orientale à l’Ouganda. 

Bref, en acceptant un nouveau bornage de la frontière commune, Kinshasa s’est engagé dans une voie à très haut risque, qui pourrait causer du tort aux générations futures, compte tenu des velléités d’extension de l’espace géographique rwandais. Kimp/Le Phare

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