RTBF.be
27/06/2014
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Les enfants de Save au Rwanda -
Collection des anciens de Save (Evariste Nikolakis) |
C'est un chapitre de l'Histoire de la colonisation assez méconnu. Celui des enfants métis nés pendant la colonisation. Des enfants nés d'une relation entre un père belge et une mère congolaise, rwandaise ou encore burundaise. Assumani Budagwa les raconte dans un livre qui vient de paraître: Noirs, blancs, métis: La Belgique et la ségrégation des Métis du Congo belge et du Ruanda-Urundi (1908-1960).
"J'ai 62 ans. Et ce n'est qu'en 2009 que j'ai découvert qui j'étais vraiment. Je suis retourné sur la colline où je suis né, au Rwanda. Et là, des vieux m'ont raconté mon histoire. Mon père était un entrepreneur belge. Il vivait au Rwanda avec son épouse, une Française, avec qui il avait déjà un enfant. Puis mon père a rencontré ma mère, une Rwandaise. Je pense qu'elle travaillait pour lui. Ensemble, ils ont eu trois enfants. Je suis le cadet. Mon père est mort, peu de temps après ma naissance, et du coup, sa première épouse a repris le pouvoir dans la maison et nous a mis maman et moi dehors". Jeannot Cardinal, les cheveux bouclés, poivre et sel, a donc dû attendre plus de 50 ans pour savoir quelles étaient ses racines. Plus de 50 ans pour comprendre pour quelles raisons, sa peau était plus foncée que celle des autres, en Belgique. Plus claire que ceux qui l'entouraient, en Afrique. Son histoire, aussi singulière soit-elle, a la même trame que plusieurs milliers de métis, nés pendant la colonisation dans la région des Grands Lacs.