13/03/2013
![]() |
| Les populations fuyent leurs villages à cause des combats entre les FARDC et les groupes rebelles à Sake au Nord-Kivu le 30 avril 2012. © MONUSCO/Sylvain Liechti |
Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, dit craindre une catastrophe humanitaire dans sa province principalement dans les territoires de Masisi, Rutshuru et Lubero. Dans une déclaration faite mardi 12 mars, il a indiqué que sa province a déjà enregistré plus d’un million de déplacés de guerre sans assistance depuis la fin de l’année dernière.
« Le camp de Kanyaruchinya qui s’était vidé en novembre 2012 est en train de se remplir de nouveaux déplacés en provenance de Kibumba et Rugari. A part l’alerte que j’avais faite en décembre 2012, c’est ici l’occasion de lancer une deuxième alerte pour cette catastrophe humanitaire qui risque de s’abattre dans la province du Nord-Kivu », a affirmé le gouverneur du Nord-Kivu.
« Qu’il s’agisse de Masisi, de Rutshuru ou du sud de Lubero, nous enregistrons plus d’un million de déplacés et l’assistance humanitaire ne suit pas. Nous risquons d’assister à des milliers de morts dans les camps disséminés ça et là », a-t-il ajouté
Vendredi 8 mars, la société civile avait recensé quinze mille déplacés à Eringeti, à 50 km au Nord de Beni (Nord-Kivu). Elle avait indiqué que ces personnes ont besoin de l’assistance humanitaire parce qu’elles dorment au sol dans les écoles.
La Belgique inquiète
Le ministre belge des Affaires Etrangères a aussi exprimé ses inquiétudes face à la reprise de la violence et des combats dans l’Est de la RDC.
« Je souhaite rappeler que ce sont avant tout les populations civiles qui souffrent de cette situation et qu’il est dès lors urgent que les pourparlers en cours apportent rapidement une solution à la rébellion, afin de rétablir un Etat de droit et une stabilité dans les Kivus », a déclaré mardi 12 mars Didier Reynders sur son site Internet.
Ce rétablissement de l’Etat de droit devra passer par la concertation nationale envisagée en RDC, estime le ministre belge.
« Outre cette sécurisation indispensable, la concertation nationale envisagée en RDC devra notamment apporter les réponses politiques nécessaires au rétablissement de l’Etat de droit dans l’Est », a poursuivi Didier Reynders.
Une autre solution de à la crise dans l’Est de la RDC, estime-t-il, est aussi l’envoi de la brigade d’intervention.
« J’espère que les interrogations qui subsistent encore sur les aspects techniques de la Brigade renforcée au sein de la Monusco [Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC] pourront rapidement être éclaircies afin d’appuyer ces efforts de stabilisation », a déclaré le chef de la diplomatie belge.
Il souhaite également que « l’envoyé spécial qui devrait être nommé par le Secrétaire Général des Nations-Unies dans les prochains jours conformément à l’accord signé à Addis Abbeba, puisse entamer au plus vite son travail de promotion du dialogue entre les protagonistes de la région afin de trouver une solution durable à cette instabilité ».
Onze pays africains ont signé le 24 février dernier à Addis Abeba un accord-cadre pour le rétablissement de la paix dans l’Est de la RDC. Les Etats se sont engagés à ne pas soutenir les groupes armés. La rébellion du M23 sévit en RDC depuis fin avril 2012.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire