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dimanche 25 janvier 2015

RDC-Monusco : Après Scott Campbell, Kabila expulse le général Wafy et Soumaré de la Monusco

Desc-Wondo
24/01/2015 Par Jean-Jacques Omanyundu Wondo

Généraux Wafi & Soumaré 

Le bras de fer initié par les autorités congolaises contre la communauté internationale depuis l’année passée vient de prendre des proportions inquiétantes avec le départ ce 22 janvier des Généraux Abdallah Wafy et Moustapha Soumaré, les adjoints de Martin Kobler, le chef de la MONUSCO. 

Déjà un précédent en octobre 2014 
Le 17 octobre 2014, Kinshasa avait expulsé sans ménagement Scott Campbell, le chef du Bureau Conjoint des Nations-Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH). Il lui a été reproché de présenter, le 15 octobre 2014 un rapport à caractère « partial et partisan » sur les enquêtes relatives à l’opération « Likofi[1] » qui a occasionné au moins 41 victimes. Scott Campbell a été considéré comme une persona non grata en RDC. 
Deux fidèles loyaux généraux de Kabila dans la capitale ont été indexés dans cette opération.
Il s’agit de l’inspecteur provincial de la police de Kinshasa (à l’époque et actuellement Inspecteur divisionnaire adjoint de la PNC), le général Célestin Kanyama Tshishiku, le même qui vient de s’illustrer négativement dans les opérations contre les étudiants du campus de Kinshasa[2]. 
Le commandant de la Légion nationale d’intervention (LENI), formée par la mission européenne de l’EUPOL-RDC, le général Seguin Ngoy Sengelwa, à qui nous (JJ Wondo) avons sévèrement mis en garde au cours d’un appel téléphonique ce 20 janvier 2015 de s’abstenir d’ordonner à ses unités de tirer à balles réelles sur les manifestants, est l’autre proche de Kabila visé par ce rapport. 
Une enquête de Human Rights Watch révèle pour sa part que l’opération Likofi a entraîné 51 morts et 33 disparitions. 
A ce propos, HRW a demandé aux autorités congolaises de « suspendre le Général Kanyama de ses fonctions » et d’ouvrir une enquête judiciaire. Sans arrestation, ni condamnation des auteurs des exactions, l’opération « Likofi » a conforté l’idée d’impunité dont jouissent les forces de sécurité congolaises. Au lieu de renforcer la sécurité dans la capitale congolaise, l’objectif premier de cette opération de police voulue par le président Joseph Kabila lui-même, « elle a renforcé un climat de peur et de terreur à Kinshasa ». 

Et la série de bras de fer entre Kabila et l’ONU se poursuit 
Suite à leurs prises de parole virulentes à l’égard des autorités congolaises qui ont ordonné à la Garde républicaine (GR), chargée de la protection du président Kabila, de réagir de manière disproportionnée contre les manifestants opposés au projet de loi électorale à Kinshasa, le gouvernement congolais a demandé à Ban Ki-moon de relever les deux adjoints de Martin Kobler, le chef de la MONUSCO, de leur poste à Kinshasa. C’est ce que nous informe une source diplomatique à New-York. 
Il s’agit du Général Abdallah Wafy et de Moustapha Soumaré. 
Ils ont tenu des propos virulents dénonçant un usage disproportionné de la violence en déclarant entre autres qu' "on ne maintient pas l’ordre avec des forces armées, on ne maintient pas l’ordre avec des chars de combat", selon le général Abdallah Wafy qui a dénoncé le déploiement de l’armée et de la Garde républicaine de Kabila lors des événements tragiques de Kinshasa et ce, en lieu et place de la police. 
Une façon de désigner clairement le responsable du carnage dont a été victime la population congolaise. 
Ces expulsions font partie des pratiques traditionnelles des relations entre les États demandeurs d’une mission des Nations Unies et l’ONU. En effet, un pays où est déployée une mission des Nations unies peut, pour des raisons qui lui sont propres, exiger le départ d’un fonctionnaire de la mission ou même d’un contingent. Le Sofa qui est le statut des Forces c’est-à-dire le contrat qui lie le pays aux Nations Unies le prévoit. 

Consternation de Martin Kobler 
DESC est en possession d’un document confidentiel de l’Exposé à huis clos du Représentant spécial du Secrétaire général au Conseil de sécurité, document nous transmis par une source diplomatique à New-York et daté du 22 janvier 2015. Dans ce document, Martin Kobler exprime sa consternation regrets pour le départ de deux collaborateurs qui lui ont appris à mieux comprendre la RDC et ses enjeux : 
« Aujourd’hui, je dois malheureusement dire au revoir à deux hommes d’exception qui ont été les piliers sur lesquels je me suis appuyé depuis mon arrivée dans la Mission, mes deux adjoints: Messieurs Abdallah Wafy et Moustapha Soumaré. Nous formions une équipe remarquable. Le Général Wafy et M. Moustapha Soumaré ont joué un rôle de premier plan en orientant ma compréhension du conflit, du pays et du continent, et en m’aidant à définir la Stratégie de la Mission. Chacun d’eux, dans sa sphère de responsabilité, a joué un rôle clé dans l’avancement de cette machine complexe qu’est la MONUSCO, de manière harmonieuse et coordonnée en vue de la réalisation de notre mandat. Leur départ me privera de mon bras droit ainsi que de mon bras gauche de choix. Mais je n’ai pas à me plaindre, car je sais qu’ils sont appelés à relever de nouveaux défis passionnants et continueront à contribuer à la résolution de nombreux problèmes auxquels le monde fait face », pouvait-on lire. 
40 morts selon Human Right Watch, l’étau se resserre sur le régime congolais 
Les événements tragiques qui ont eu lieu la semaine du 19 janvier 2015 à Kinshasa et dans plusieurs villes du pays ont entraîné un déferlement de réactions à travers le monde. Après la Belgique, la France, les Etats-Unis et l’Union européenne qui ont déclaré être « très préoccupés » par la situation explosive en RDC. C’est le tour des Nations unies de manifester leur désapprobation auprès du régime congolais. Emboîtant le pas aux déclarations précédentes, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, s’est dit préoccupé le jeudi 22 janvier par la détérioration de la situation en République démocratique du Congo (RDC), notamment à Kinshasa et dans d’autres villes, suite à l’adoption, par l’Assemblée nationale, d’un projet de loi électorale qui est actuellement soumis à examen additionnel au niveau du Sénat. 
« Il déplore les pertes en vies humaines et les atteintes à l’intégrité physique. Il demande aux forces de sécurité et aux manifestants de s’abstenir de toute autre forme de violence et de faire preuve de la plus grande retenue », a dit son porte-parole dans un communiqué de presse. 
« Le Secrétaire général tient à souligner qu’il incombe au gouvernement de conserver l’espace politique nécessaire à l’expression pacifique d’opinions. Les manifestations doivent se dérouler de manière paisible. La violence est inacceptable mais la réponse aux manifestations violentes doit être proportionnée », a-t-il ajouté. 
« Le Secrétaire général demande instamment aux principales parties de renouer un dialogue politique afin que les questions d’ordre électoral soient discutées de manière inclusive et pacifique, dans les forums appropriés ». 
Ban Ki-moon a réaffirmé la disponibilité de son Représentant spécial à offrir ses bons offices afin d’aider les acteurs principaux à surmonter leurs différends. Il a rappelé que le processus électoral doit être crédible, pacifique, et mené en temps opportun, en conformité avec la Constitution. 

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la situation en République démocratique du Congo (RDC), le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a également rappelé jeudi que « le peuple congolais a le droit de manifester pacifiquement ». « Nous exhortons le gouvernement à garantir que toute réponse aux manifestations violentes soit proportionnée », a-t-il ajouté. 

La brève analyse de ces déclarations diplomatiques démontre que la communauté internationale tient au respect du processus électoral suivant le schéma prévu par la constitution de 2006, révisée partiellement en 2011. En d’autres morts, l’ONU exige que les élections législatives et présidentielle se déroulent en 2016 pour permettre au président Kabila de transmettre le pouvoir à un autre président démocratiquement élu. 

Au moins 40 personnes ont été tuées en début de semaine en République démocratique du Congo (RDC) lors de manifestations contre un projet de loi électorale controversé, affirme ce jour l’ONG américaine Human Rights Watch (HRW). Le gouvernement de la RDC a « eu recours à une force illégale et excessive pour réprimer les manifestations » qui se sont déroulées entre lundi et mercredi, accuse l’ONG américaine dans un rapport. « Human Rights Watch a confirmé que « 36 personnes, dont un agent de police, ont été tuées lors des manifestations à Kinshasa… Au moins 21 de ces victimes ont été tuées par balles par les forces de sécurité congolaises ». Et jeudi, ajoute HRW, « au moins quatre personnes ont été tuées lors de manifestations dans la ville de Goma« , à l’est du pays. 

Le bilan de HRW avoisine celui avancé de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), qui donnait 42 morts, mais contredit les autorités congolaises, qui ont affirmé que 12 « pillards » ou « émeutiers » avaient été tués par des vigiles privés. HRW dit avoir « documenté plusieurs cas dans lesquels la police ou les militaires de la Garde républicaine (chargée de la protection du président) ont emporté les cadavres des personnes tuées, dans une apparente tentative de supprimer les preuves« . L’ONG américaine demande à Kinshasa d' »engager des poursuites contre les responsables de ces meurtres et d’autres exactions ». Interrogé par l’ONG, le chef de la police congolaise, le général Charles Bisengimana, a assuré qu’une enquête était ouverte sur les violences[3]. 

Comme on peut le constater, en maintenant l’option armée pour instaurer une sorte de terrorisme d’état causant de graves violations et atteintes aux droits de ‘Homme par des réactions disproportionnées (Affaire Mukungubila en instruction devant les instances internationales, l’opération Likofi et le massacre des manifestants contre la loi électorale), Kabila, son gouvernement et ses milices armées (GR, LENI) s’enfoncent davantage dans la répression aveugles des populations congolaises dont ils sont appelés à être les premiers protecteurs de par leurs prérogatives constitutionnelles. Les forfaitures à leur charge ouvrent jour après jour les perspectives d’une réactivation de la justice pénale internationale à leur encontre, à défaut d’une justice nationale congolaise indépendante et équitable. 

Jean-Jacques Wondo Omanyundu / Exclusivité DESC 

[1] L’opération « Likofi » (coup de poing), destinée à traquer les jeunes délinquants de Kinshasa appelés communément « Kulunas » a été menée entre le 15 novembre 2013 et le 15 février 2014 par la Police Nationale Congolaise(PNC) sur toute l’entendue de la capitale par des agents de la PNC. Elle a occasionné au moins 41 victimes de sexe masculin. Ces violations auraient été commises par des agents de la PNC et le nombre total de victimes pourrait être beaucoup plus élevé… », selon Scott Campbell. 


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