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vendredi 22 mai 2015

Retour sur la Croisière noire à Bruxelles

Le Monde 
12/05/2015 
Par Roxana Azimi

Yves Sambu. Photographie de la série Vanité apparente. 2014 
Crédits DR

Suivre la route de la Croisière noire, expédition coloniale menée par la firme automobile Citroën en Afrique. Tel est le chemin métaphorique qu’a emprunté l’excellente exposition « Odyssées africaines » organisée par Marie-Ann Yemsi au Brass, centre culturel de Forest à Bruxelles. L’idée ? Relire et relier passé et présent. « Il y a une incapacité à faire face avec l’histoire de la colonisation. On est dans un déni et dans une grande méconnaissance de l’Afrique », regrette la commissaire. Les dix-sept créateurs conviés sont trop jeunes pour avoir vécu les guerres d’indépendance. Ils n’en subissent pas moins les reliques. « Je voulais dialoguer avec la génération Internet, la deuxième et troisième génération d’artistes qui ont plus de distance par rapport à la décolonisation et qui sont très critiques par rapport à l’héritage de leurs parents », précise Marie-Ann Yemsi. 

Lexique raciste
Critique, le mot sied à Meleko Mokgosi, né au Botswana. Dans ses tableaux quasi cinématographiques, il explore les non-dits et angles morts de l’histoire, les oubliés et anonymes qui se sont dressés contre les abus de pouvoir et pour lesquels aucune stèle n’a été dressée. Dans une série plus conceptuelle, l’artiste s’en prend aussi à l’ethnocentrisme des musées américains. Il a ainsi repéré dans les cartels d’une exposition d’œuvres africanistes au MoMA en 2012 tout un lexique raciste, prétexte pour renforcer la domination artistique occidentale. « L’art africain ne peut produire que du modernisme. On ne peut pas le voir comme partie prenante de ces esthétiques. C’est toujours corrélé à l’art moderne, mais jamais totalement moderne. Tout un pan est reconnu comme un épisode de l’art de l’histoire moderne, mais très vite on le déconnecte pour le circonscrire à l’espace du primitivisme. Un espace où il ne menacerait pas la “pureté” de l’art », écrit rageusement Mokgosi sur l’un des cartels agrandis. Ailleurs, il s’en prend à Picasso qui, séduit par la magie de l’Afrique, n’a pas pour autant ressenti d’empathie envers les peuples colonisés. 

Le constat d’Emma Wolukau-Wanambwa, née en Ecosse de parents ougandais, est tout aussi implacable. Celle-ci a disséqué les contenus des livres envoyés en Afrique dans le cadre de l’opération Books for Africa. Derrière la charité pointe le mépris. Un tiers de ces ouvrages se révèle obsolète, un autre tiers tout bonnement raciste. Le Congolais Yves Sambu dynamite pour sa part le folklore tapageur qui entoure les Sapeurs de Kinshasa. Car on a trop vite oublié que le mouvement de la Sape a surgi dans les années 1920 en résistance face aux colons dont il pastichait les habits. 

Effacement de la mémoire 
Si les artistes jaugent avec sévérité les remugles du colonialisme, ils n’en sont pas moins lucides sur les complexités de leurs pays. La Kényane Ato Malinda a ainsi dressé un inventaire des lieux de rencontre gay à Nairobi. En restituant ses entretiens avec des homosexuels contraints à la clandestinité, elle redonne une voix à une communauté opprimée au Kenya comme dans une trentaine d’autres pays africains. D’autres créateurs abordent la question du déplacement au sein du continent. Dans ses photos et broderies, Wanja Kiman évoque ainsi l’effacement de la mémoire, la construction d’une identité dans l’exil, elle qui a dû quitter enfant le Kenya pour l’Ethiopie. Comment garder sa culture ? Que peut-on en conserver ? De vastes questions qu’« Odyssées africaines » laisse en points de suspension. 

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