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samedi 4 juillet 2015

Un conflit sur les ressources naturelles dans le territoire de Bongandanga - Province de l'Equateur

Territoire de Bongandanga
Un conflit foncier complexe dans le groupement des Bogbonga, Secteur de Boso Melo, Territoire de Bongandanga, ex District de la Mongala, Province de l’Equateur, autour de la propriété sur les ressources halieutiques des rivières Bikokoto et Momboto, sur la rive gauche du fleuve Congo. 

D’aucuns se souviennent qu’au mois de Mai la presse locale de Mbandaka a fait écho des actes de brutalité, heureusement sans perte en vie humaine, qui se sont produits dans ce coin de la RD CONGO. 
Les faits marquants de ce conflit sont apparus au grand jour vers les années 2012 dans cette contrée plus ou moins enclavée ; 
  • 3 journées de navigation à partir de Mbandaka (Chef-lieu de province), 
  • 3 jours de navigation de Lisala (Chef-lieu de son ex District), 
  • 2 jours de voyage par route de Bongandanga (Chef-lieu du territoire), 
  • un demi jour de route de Boso Melo (Chef-lieu du Secteur), 
  • un demi jour de navigation de Mankanza (Chef-lieu du territoire voisin), 
  • 2 jours de route et de navigation de Basankusu (Chef-lieu du l’ex District voisin).

C’est vraiment dans l’appendice de l’extrême Sud du territoire administratif de Bongandanga. 


Ce conflit oppose la famille régnante du Chef de Groupement Bogbonga, actuellement Chef EKUKWA, à celle de Papa MANGBANGA, de la famille de maman TEKELE, originaire du groupement voisin de Mosweya venue en mariage sans faire des enfants dans le groupement des Bogbonga. 
Cette dame bénéficiera, par reconnaissance,  de la gestion de l’embouchure de la rivière Bikokoto pour sa famille. Ce qui conduisit l’installation, dans les lieux, de sa famille conduite par Papa MANGBANGA dont les fils ; LIPAKA Pasteur, SEMBA et Philippe LINGBAKU manifestent depuis 3 ans l’ambition d’occuper plus d’espaces que ceux qui revenaient à leur Grand-mère TEKELE. 
Ceux-ci s’arrangèrent avec un « avocat » de Mbandaka, à Mbandaka, du nom de MBOKANIBATO, originaire de la tribu Balobo dans le territoire voisin de Mankanza. Cet avocat réussit à produire des documents de propriété de la contrée en conflit, avec la complicité des Affaires Foncières ou Cadastre de Mbandaka, qui y a séjourné en clandestinité pour déterminer les limites au bénéfice de la famille MANGBANGA sans informer le Chef du Groupement des Bogbonga, propriétaire foncier connu. 

La même famille MANGBANGA réussit à s’allier les bons offices de l’unité de la Force Navale basée à Mankanza, territoire voisin en face séparé par le cours du fleuve Congo, dont un élément avait reçu mission d’abattre physiquement le Chef de Groupement des BOGBONGA, commandité par Mr SEMBA. Celui-ci a même fait de la prison à Mbandaka pendant 7 mois car des armes de guerre ont été trouvées chez lui lors des investigations sur les lieux. 

Le tir du militaire de la Force Navale n’ayant pas pu atteindre le concerné, le militaire, qui a avoué les faits, a été arrêté et transféré au Parquet Général de Lisala pour par après être amené ici à Mbandaka où il croupit présentement dans la prison de Mbandaka. 
La présence permanente dans les lieux ne permet pas une vie paisible pour les habitants de Bogbonga I et Bogbonga II. 
Il y a plus d’un an les populations s’habituent à des cas de violations des droits humains de toutes sortes perpétrées par ces éléments qui en connaissent beaucoup sur ce conflit ; ces populations connaissent physiquement certains éléments de la Force Navale ayant géré d’une façon ou d’une autre cette question. Les extorsions des biens, les arrestations arbitraires, les amendes allant de 100000 à 500000 Francs Congolais…y sont monnaie courante jusqu’à ces jours. Certains de leurs noms y sont devenus célèbres dont Lieutenant MBUYI, Capitaine Clément, MOBEJO, Ghilain, Alphonse, MOTUKA, LOBANDO…bien que certains ayant été mutés. 

Le débordement a commencé au mois d’avril 2015, lorsqu’au cours d’une bagarre provoquée en présence du Chef de Secteur NDJAMBE, Mr SEMBA réussit à casser deux dents au fils du Chef de Groupement Mr MODJEKA Golf. L’Autorité tenta d’interpeller Mr SEMBA qui lui dit que lui ne peut répondre qu’à la justice de Mbandaka. Quelques jours après, début Mai, c’est le Chef du Groupement lui-même qui est poignardé à mort par un membre de la famille SEMBA un dimanche soir et le même jour, le fils du Chef de Groupement dont les dents avaient été cassées en avril prit son fusil de chasse et alla vers la famille adverse située à 500 mètres de leur maison et tira sur la jambe de Mr SEMBA qui a été amené à l’Hôpital de Mankanza où il continue à suivre des soins. 
De là, la Force Navale décida de descendre sur les lieux, une opération qui a fait arrêté le Chef du Groupement blessé et ses enfants. Ceux-ci furent suffisamment malmenés et jetés au cachot de la Force Navale de Mankanza y compris le Chef gravement poignardé, dont le relâchement n’a été obtenu que grâce à l’intervention de la Croix Rouge locale pour l’Hôpital local où il a été opéré car son foie ayant été touché. Les soins intensifs ont fini et il est rentré à son village sans que sa blessure soit complètement guérie afin de réunir des moyens pouvant lui permettre de suivre le dossier de ses 5 enfants incarcérés dans la prison de Mbandaka dont un mineur de 15 ans dans des conditions déplorables sans avoir été entendus. Ils sont accusés d’appartenir à un groupe des criminels ou des criminels. Leur jugement est attendu pour le 7 Juillet 2015, curieusement, aucun membre de la famille adverse n’est arrêté ou présent à Mbandaka à l’heure actuelle, le Chef de groupement blessé est encore dans son village à la recherche de l’argent pour suivre le dossier à Mbandaka… 

La nouvelle se répandit très vite en début Mai. Le Ministre provincial de l’Intérieur y alla sur place en compagnie de l’Administrateur du Territoire de Bongandanga. Soulignons que c’est pour la toute première fois que des plus hautes autorités du territoire et de la province y viennent depuis que la RDC est indépendante. Même les Chefs de Secteur basés à 50 kms environs y arrivent rarement. Apparemment, ce dossier est bien connu et documenté par des services publics à l’instar de : les 3 Chefs de Secteur de Boso Melo qui se sont succédés ces derniers temps, le Parquet de Lisala, la Force Navale basée à Mankanza, l’Administrateur du Territoire de Mankanza, l’Administrateur du Territoire de Bongandanga, le Ministère Provincial de l’Intérieur, et naturellement le Gouvernorat de la province de l’Equateur. Mais un certain nombre des questions se posent dans l’opinion, entre autres : 
  1. Un Avocat ou homme de justice a-t-il compétence d’octroyer la propriété foncière à un particulier ? Les Affaires foncières de Mbandaka ont-elles compétences de déposséder un groupement de ses propriétés foncières acquises par la coutume ? 
  2. Le Territoire de Bongandanga est il réellement administré ou simplement oublié d’où l’hégémonie de celui de Mankanza qui tient à combler cette lacune ? 
  3. La justice tant au niveau local, de l’ex District de la Mongala et même de Mbandaka fait-elle correctement son travail ? 
  4. Quel est le service de l’ordre public compétent qui devra intervenir dans ce genre de conflit ? Police Nationale Congolaise ou FARDC à travers la Force Navale ? La protection des droits dans l’ensemble des communautés originaires d’un groupement par des non originaires trop ambitieux ? 
  5. La justice militaire ne devra t-elle pas intervenir pour réprimer les exactions commises par ces forces publiques en violant les droits humains, en extorquant et surtout en mettant mal à l’aise des communautés rurales entières en train d’être dépossédées de leurs ressources vitales? Du refus des forces publiques (Force Navale) d’obéir aux instructions d’un Ministre Provincial de l’Intérieur, ce n’est pas la première fois que ce genre de comportement soit observé ? La manipulation des services publics par une partie au conflit ? 
  6. Comment définir la gestion des questions sécuritaires entre le territoire de Bongandanga appartenant à la future province de la Mongala, et le territoire de Mankanza appartenant à la future province de l’Equateur ? 
  7. Peut-on s’attendre à un jugement équitable alors que des soupçons de corruption, de trafic d’influence, de la passivité des Institutions publiques face à cette question, la lenteur administrative, à la diabolisation d’une famille au détriment de l’autre ? 
  8. Qu’est ce qui doit être fait immédiatement pour apaiser les tensions, départager les familles en conflits, travailler ce dossier avec délicatesse, et arrêter la manipulation des forces de l’ordre sur ce dossier ? 
  9. La situation est délicate à ce niveau ; elle touche aux droits fonciers avec des impacts néfastes sur le droit d’usage des communautés du milieu, l’insécurité physique des membres des familles en conflits, l’insécurité publique dans la zone, la méfiance des populations envers sa justice ainsi que les forces de l’ordre qui sont censées les protéger, le développement local des milieux enclavés ou oubliés et même marginalisés par l’administration publique, la méfiance entre les élus et leurs électeurs…Nous pensons que l’intérêt à bien gérer cet unième conflit foncier dans la province de l’Equateur devra prévaloir à tous les niveaux sous l’œil vigilant des organisations indépendantes telles les ONGDH, les ONGD, ou toutes organisations qui s’investit déjà dans le secteur du foncier. 


Mbandaka, le 2 juillet 2015 
Dieudonné NZABI MANGILI 
Mbandaka

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