Par Bondo Nsama
Publié par Le Phare
18 avril 2014
Groupe de pression, lobby ou « cabinet molili » (gouvernement parallèle) : il était tout cela à la fois, ce petit cercle d’amis connu sous l’appellation de « groupe de Binza », qui a fait la pluie et le beau temps dans les premières années qui ont suivi l’accession du Congo à l’indépendance. C’était un laboratoire de stratégies politiques pour orienter l’avenir du pays dans le sens des intérêts du groupe et principalement de celui qui en était le cerveau-moteur, c’est-à-dire feu le maréchal Mobutu.
Ce dernier avait trouvé en la tenue de la Table Ronde de Bruxelles, qui s’était achevée par la fixation des étapes conduisant à la proclamation de l’indépendance de l’ex-colonie belge le 30 juin 1960, l’occasion de se placer dans le sens de l’histoire. Les circonstances lui avaient été favorables. Plusieurs jeunes Congolais se trouvaient alors aux études dans des universités et instituts supérieurs belges. Certains d’entre eux, dont Mobutu lui-même, qui effectuait son stage de journaliste à Inforcongo à Bruxelles, avaient été enrôlés comme conseillers dans quelques délégations de partis politiques présents à ces assises.