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mercredi 18 février 2015

La justice instrumentalisée : Christopher Ngoyi, "prisonnier personnel" de "Joseph Kabila"

Congo Independant 
17/02/2015

Le défenseur des droits de l’Homme Christopher Ngoyi Mutamba

Dans un communiqué publié lundi 16 février à Kinshasa, une centaine des organisations non gouvernementales exigent la libération du défenseur des droits humains Christopher Ngoyi Mutamba. Arrêté sans mandat lors des manifestations des 19, 20 et 21 janvier dans la capitale, ce militant des droits de l’Homme a été détenu durant plus de deux semaines dans un lieu secret géré par l’Agence nationale de renseignements (ANR), la police politique de "Joseph Kabila". Il a été transféré, après le 10 février, à la prison centrale de Makala. Ecroué pour une prétendue "atteinte à la sûreté de l’État", Ngoyi Mutamba vient allonger la longue liste des "prisonniers personnels" du locataire du Palais de la nation. Des citoyens congolais privés de liberté par une justice aux ordres. Et ce pour avoir dénoncé un pouvoir tyrannique ou dit leur opposition à la révision constitutionnelle pour permettre à "Joseph" de briguer un troisième mandat. On peut citer notamment : Eugène Diomi Ndongala (Démocratie chrétienne), Jean-Bertrand Ewanga Is’Ewanga (UNC), Bruno Kabatshi (UDPS), Vano Kiboko Kalembe (PPRD), Jean-Claude Muyambo (SCODE). Sans oublier tous les anonymes qui croupissent dans les cachots de la police et des "services". 


"La garde à vue ne peut excéder quarante-huit heures, énonce l’article 18-4 de la Constitution congolaise promulguée le 18 février 2006. A l’expiration de ce délai, la personne gardée à vue doit être relâchée ou mise à la disposition de l’autorités judiciaire compétente". 

Dans leur communiqué, les ONG ne sont pas allés par quatre chemins en exigeant aux "autorités" judiciaires de libérer Christopher Ngoyi Mutamba dont l’arrestation est qualifiée d’"arbitraire" et la détention d’"illégale". Les activistes de la société civile seront-ils entendus par un régime réputé arrogant et autiste? Pas sûr! 

Les camarades de Ngoyi pourraient se "consoler" du coup de pouce inattendu venu du Parlement européen. Dans une récente intervention, l’eurodéputé belge Louis Michel - père de Charles du même nom - a fustigé sur un ton réquisitorial les "arrestations arbitraires et les intimidations" qui continuent d’avoir lieu au Congo démocratique. 

"Tonton Michel", dixit Abdoulaye Yerodia Ndombasi, est allé plus loin en proposant la mise sur pied d’un observatoire Union européenne - Onu pour surveiller le respect des droits humains dans l’ex-Zaïre. "Il est essentiel que l’élection présidentielle se tienne dans les délais constitutionnels", a-t-il martelé. "Joseph Kabila représente l’espoir pour le Congo", déclarait le même "Papa Michel", alors chef de la diplomatie belge. Autre temps... 

Arrêté le 21 janvier, Christopher Ngoyi Mutamba n’a jamais été présenté à ce jour à un magistrat. Pire, il n’a appris les "charges" retenues à son encontre que le mardi 10 février au cours d’un "cirque" politico-policier organisé au cabinet du ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab. Celui-ci est par ailleurs le secrétaire général du PPRD, le parti kabiliste. 

Que lui-reproche-t-on? Mardi 10 février, le commissaire provincial adjoint de la police judiciaire Remy Ekuka Lipopo s’est substitué au magistrat instructeur en égrenant les faits : «Incendie volontaire, Destruction méchante, Propagation de faux bruits, Propagande subversive, Incitation à la désobéissance civile, Incitation à la violence, Incitation à la haine raciale, Incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir ou à la discipline, Association de malfaiteurs, Attentat et complot tendant à porter le massacre, la dévastation ou le pillage, Atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat». Cet officier de la police judiciaire n’a manifestement jamais entendu parler de la présomption d’innocence. 

A en croire cet OPJ, Christopher Ngoyi a été à la tête d’un mouvement insurrectionnel dont le but était de renverser le pouvoir en place. Quid de la matérialité de ces infractions? Pas un mot. L’accusé n’a d’ailleurs pu s’empêcher de sourire. 

Les "prisonniers personnels" du "raïs" 
Pour les activistes de la société civile, leur camarade "Christopher" peut-être considéré comme un "prisonnier personnel" de "Joseph Kabila". Ce cas est loin d’être le premier. Plusieurs personnalités de l’opposition sont depuis emprisonnées depuis plusieurs mois à Makala. On peut citer : Eugène Diomi Ndongala (Démocratie chrétienne), Jean-Bertrand Ewanga Is’Ewanga (UNC), Bruno Kabatshi (UDPS), Jean-Claude Muyambo Kyassa. 

Dans le "système Kabila", il est rarissime qu’on sache les motifs de son arrestation. Encore moins, celle de la remise en liberté. Tout dépend du bon vouloir du "raïs". Ici, on arrête d’abord et on confection l’acte d’accusation après. Kalev Mutond, le patron de l’ANR, François Beya (Immigration - DGM) s’occupent des arrestations avec l’aide des policiers du général Célestin Kanyama. Le procureur général de la République Flory Kabange Numbi et le président de la Cour suprême de justice Kitoko Kimpele ont pour mission de donner une "apparence de légalité" aux interpellations et aux "condamnations". 

Proche du leader de l’UDPS Etienne Tshisekedi wa Mulumba, Eugène Diomi Ndongala est littéralement persécuté par la justice kabiliste. Depuis plus de deux ans, il est privé de liberté. 

Fin décembre 2014, l’ancien député national Vano Kiboko est détenu à la prison centrale de Makala. Le 27 décembre, l’ancien parlementaire avait tenu une conférence de presse à l’hôtel Grand Karavia de Lubumbashi. Il avait, à cette occasion, dit son opposition à la révision constitutionnelle en vue de permettre à "Joseph Kabila" de briguer un troisième mandat. Il avait également clamé son soutien à l’actuel gouverneur du Katanga Moïse Katumbi pour la présidentielle de 2016. 

Issu de la communiqué ethnique Sanga de Kolwezi, Kiboko, avait fait savoir son opposition au rattachement de Kolwezi à la Province du Lualaba. Il est accusé... d’incitation de haine tribale. Le véritable motif est ailleurs. 

Le cas Muyambo. Ancien bâtonnier au barreau de Lubumbashi, Jean-Claude Muyambo Kyassa est détenu à Makala depuis le 20 janvier. "Le dossier judiciaire est vide", disent des membres de son équipe de défense. 

Lors d’un point de presse qu’il a animé le 8 janvier à Lubumbashi, il a eu ces mots : "La Commission électorale nationale indépendante doit publier le calendrier global des élections". "Nous voulons l’alternance démocratique en 2016". "L’Office national d’identification de la population est une pure distraction". "Le pouvoir doit faire cesser les menaces et les intimidations". 

Depuis qu’il a dit son opposition à la révision constitutionnelle avant de claquer la porte de la majorité présidentielle en août dernier, Muyambo se savait dans le collimateur du "raïs". Il sera arrêté le 20 janvier à sa résidence kinoise par des hommes affublés de cagoules. Les faits lui reprochés n’ont rien avoir avec la sécurité intérieure ou extérieure de l’Etat : "Abus de confiance et stellionat". L’homme est victime de son franc-parler. Il est pris dans la nasse d’une cabale politique. 

Outre les personnalités citées précédemment, "Joseph Kabila" a d’autres "prisonniers personnels". Il s’agit notamment de tous les anciens collaborateurs de feu Laurent-Désiré Kabila. Elles sont accusées sans la moindre preuve d’avoir participé au complot ayant abouti à l’assassinat de Mzee. Georges Leta Mangasa (ancien patron de l’ANR), Eddy Kapend (ancien aide de camp du défunt président), Nono Lutula (ancien conseiller spécial en matière de sécurité) sont emprisonnés à Makala depuis février 2001. Nuit et jour, ils sont surveillés par des éléments de la garde prétorienne de "Joseph Kabila". 

Fort heureusement, tout a une fin. Et ce y compris la détention illégale de Christopher Ngoy Mutamba... B.A.W

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