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vendredi 20 février 2015

Quand la quête du cuivre fait dérailler les trains congolais

France 24 
Les Observateurs 
18/02/2015

Sur des rails de chemin de fer près de Kolwezi, des chercheurs de cuivre entre les rails. 
Photo de notre Observateur Dieuveil. 

Contributeurs
Alexandre Mulongo
Dans la région de Kolwezi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, les chercheurs de cuivre sont monnaie courante. Et certains n’hésitent plus à aller fouiller sous les rails pour trouver leur butin. Une pratique dangereuse pour eux comme pour les trains, explique notre Observateur… 

Dans la région, les chercheurs avaient déjà ravagé un quartier entier pour trouver du cobalt. Depuis peu, d’autres ont investi les lignes de chemin de fer et
Dieuveil Kolwezi
n’hésitent pas à fouiller sous les rails où circulent pourtant quotidiennement des trains de marchandises et de transport de personnes pour trouver du cuivre.

Sur cette photo prise par notre Observateur Dieuveil la semaine dernière, 
des creuseurs de Kolwezi à la recherche du "vert d'eau" entre les rails. 


"Ces fouilles permettent aux chercheurs de survivre à court terme, mais nous mettent en danger à moyen terme" 
Le tronçon concerné, actuellement rénové grâce à un financement de la Banque mondiale, est moins fréquenté en ce moment, mais des trains de marchandises et quelques autres de transport de passagers continuent de circuler. Cette pratique est officiellement interdite par les autorités de la région. Pourtant, notre Observateur Dieuveil (pseudonyme), ancien employé d’une entreprise indienne spécialisée dans le traitement du cuivre à Kolwezi, voit ces chercheurs quotidiennement le long des rails. 
La chute du prix du cuivre [une tonne vaut un peu moins de 6 000 dollars, soit son niveau le plus bas depuis 2009 NDLR] a eu des conséquences directes sur l’emploi à Kolwezi : de nombreuses personnes qui travaillaient pour la Gécamines, l’entreprise minière de la ville, ont perdu leur emploi. Comme il n’y a pas assez de travail, mais que les ressources minières sont toujours importantes, de nombreux habitants de la ville se sont mis à creuser, notamment au quartier Kasulo à la recherche de cobalt. Il y a eu de nombreux morts dans des éboulements [15 en décembre 2014 NDLR], ce qui a calmé les recherches. 
Les chercheurs retirent le ballast, le gravier 
sur lequel repose le chemin de fer, pour mener leur fouille. 
Ici, une partie du rail a même été endommagée lors des creusements. 

"Au départ, la présence du 'vert d'eau' n'était qu'une hypothèse" 
À la même période, des personnes ont commencé à creuser le long des voies ferroviaires, car selon eux, les trains qui transportaient du cuivre de Kolwezi vers l’Angola ont laissé cette poussière de cuivre, qu’on appelle le 'vert d’eau' autour et entre les rails. 

À partir de cette poussière d’asphalte, on peut reconstituer du cuivre. Ils emmènent ensuite leur butin à des concessionnaires chinois, très présents dans la région, qui modifient le 'vert d’eau' pour en faire du cuivre et l’exporter. La rumeur de cette trouvaille s’est répandue, et beaucoup de monde s’est mis à creuser autour et au milieu des rails. 

Les chercheurs ont déposé leur butin à côté des rails. 
Dans la terre, des traces de 'vert d'eau' ont été trouvée. 

"Ces rails permettent d'acheminer notre nourriture" 
Depuis, ce tronçon est devenu l’eldorado des chercheurs mais ils ne mesurent pas les conséquences : d’abord ils se mettent en danger en travaillant sur le passage des trains. 
Ensuite, ces rails permettent d’acheminer notre nourriture. Les chercheurs survivent à court terme mais leur activité peut avoir de graves conséquences à moyen terme. Notre région n’a pas besoin de ça.  
Des manifestations à Mutanda contre les chercheurs 
Ces creusements anarchiques ne sont pas propres à Kolwezi : dans la région minière de Mutanda, à 40 kilomètres au sud, des habitants ont manifesté contre des personnes qui creusaient sur un autre tronçon de la même ligne et les ont accusées de destruction d’infrastructures publiques. 

Selon un agent de la Banque mondiale, organisme en charge de la rénovation de cette voie ferrée, la Société nationale des chemins de fer congolaise (SNCC) a conscience de ces creusements anarchiques. 
Les agissements de ces personnes sont connus, et malgré les patrouilles, certains arrivent à contourner l’interdit. C’est dangereux notamment parce qu’ils enlèvent le ballast [le lit de pierres ou de graviers sur lequel repose une voie de chemin de fer, NDLR]. À notre connaissance, il n’y a pour l’instant pas eu d’accidents liés à ces creusements, peut-être des déraillements sans conséquence. 
L’axe concerné par ces fouilles sur les rails fait partie d’un tronçon dont la rénovation doit commencer dans trois à quatre mois. Quand ils commenceront, plus aucun chercheur ne sera toléré sur les voies. 
" Selon Dieuveil, une ONG de Kolwezi a lancé un appel à la radio pour éviter ces creusements, mais sans véritable effet. "Aucun chercheur n’a l’intention de s’arrêter prochainement, même si les travaux sur cet axe commencent, ils sont prêts à creuser la nuit s’il le faut". 


Cet article a été rédigé avec l'aide de Alexandre Mulongo et en collaboration avec Alexandre Capron (@alexcapron), journaliste à France 24

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