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jeudi 19 mars 2015

Afrique : Rappeurs : l’honneur (définitivement) perdu de «Joseph Kabila»

19/03/2015 
Congo Independant


Les rappeurs sénégalais et burkinabé lors de la conférence organisée 
dimanche 15 mas à Masina

Détenus depuis dimanche 15 mars, les activistes sénégalais et burkinabé des groupes de pression "Y’en a marre" et "Balai citoyen" vont être expulsés. L’annonce a été faite, mercredi 18 mars, par le ministre de la Communication Lambert Mende Omalanga. 
Nul n’ose imaginer les dommages que cette affaire, aux allures de pantalonnade, a pu infliger à l’image déjà ternie du Congo dit démocratique. Les conséquences pourraient être désastreuses au plan diplomatique. Une chose parait sûre : "Joseph Kabila" a perdu le peu d’honneur qui lui restait. 
On peut gager qu’au prochain "hit parade" des autocrates africains, le portrait du "raïs" sera accroché à côté de celui du très imprévisible tyranneau gambien Yaya Jammeh. 

"Qu’un pouvoir dit fort arrive à s’acharner sur des jeunes gens sans armes, cela ressemble fort à un chant de cygne. Le pouvoir semble vivre son automne. A travers l’arrestation de ces rappeurs, les jeunes du Congo ont compris que le régime de Joseph Kabila peut être ébranlé par des citoyens non-armés mais déterminés. En libérant tous les détenus de race blanche pendant que les Congolais, les Sénégalais et les Burkinabé étaient toujours aux arrêts, Joseph Kabila a démontré son mépris tant à l’égard de ses concitoyens que pour des autres Africains". L’homme qui parle est un jeune activiste de la société civile congolaise.

Conformément à la voix de son maître, le ministre congolais de la Communication et des médias, Lambert Mende Omalanga, a annoncé, mercredi 18 mars, la "décision" du gouvernement congolais d’expulser les activistes sénégalais et burkinabé qui sont en fait des militants pro-démocratie. Ce que Mende ne dit pas ce que ces activistes ont passé près de 72 heures à l’ANR sans être présentés à un magistrat instructeur. Ont-ils bénéficié de l’assistance d’un avocat? 

"Nationaliste-souverainiste" autoproclamé, Mende n’a pas osé révéler les pressions diplomatiques subies depuis 72 heures par son patron de président. Et pour que personne ne perde la face, la formule a été trouvée lors d’un point de presse qu’il a animé mercredi : faisant droit à "un vœu" de son homologue sénégalais Macky Sall, "Joseph Kabila" "vient de décider d’ordonner l’arrêt des poursuites contre les quatre sujets sénégalais et burkinabè". Peut-on perdre la face quand on n’en a plus? 

On apprenait le même mercredi que neuf activistes congolais pro-démocratie du groupe de pression "Lucha" (Lutte pour le changement), interpellés mardi à Goma, dans la province du Nord Kivu, par des agents de l’ANR, ont été remis en liberté. Il leur a été reproché d’avoir manifesté devant le siège de la direction locale de cette Agence pour obtenir la libération des activistes arrêtés dimanche à Kinshasa. 

Dans un message sur son compte "Twitte", la "Lucha" assure que ses membres ont "subi la torture et du chantage par les agents de l’ANR". A en croire des témoins, l’arrestation de ces neufs militants pro-démocratie ont eu lieu dans une brutalité inouïe. 

Rappel des faits 
A l’initiative apparemment de Kevin Sturr, directeur de la division "Démocratie, droit et gouvernance" à l’agence américaine Usaid à Kinshasa, une conférence a été organisée samedi 12 dans la capitale congolaise sur la bonne gouvernance et la démocratie. 

Plusieurs organisations ont été associées. C’est le cas du groupe de pression congolais "Lutte pour le changement" (Lucha) et de groupes de pression "Y’en a marre" du Sénégal et "Balai citoyen" du Burkina Faso. Ces derniers sont arrivés à Kinshasa le vendredi 13 mars. But : participer du 14 au 15 mars à un atelier de réflexion et d’échange organisé par les organisations gouvernementales congolaises et des mouvements des jeunes. C’est le cas de "Jeunesse pour une Nouvelle Société" (JNS)’, "Forum National de la Jeunesse pour l’Excellence" (FNJE). Lieu : Paroisse Marie Auxiliatrice, dans la commune de Masina. 

Selon l’ambassadeur des Etats-Unis, James Swan, son pays a parrainé en partie cette rencontre. Des personnalités du sérail kabiliste non autrement identifiées étaient également conviées. On imagine qu’ils ont vu toute la scène lorsque les sbires de l’ANR en civil et des policiers ont fait irruption à l’endroit où se tenait cette manifestation pour procéder à des arrestations. Il faut dire que les interpellations ont eu lieu pendant que ces activistes étaient en plein débat sur les tentatives de "Joseph Kabila" de briguer un troisième mandat. 

Dans un communiqué daté du 16 mars, l’organisation de défense des droits humains "La Voix des Sans Voix" donne les noms des personnes arrêtées et leurs organisations : Fadel Barro, Aliou Sane, Malal Talla, Sidro Ouedraogo, Fred Bauma l’ONG "Lutte pour le Changement" (LUCHA)’, basée à Goma, Kevin Sturr (Directeur Division Démocratie, Droits et Gouvernance/USAID), Alain Canon (Codirecteur du Mouvement Eloko Ya Makasi), Lucrèce Lopengo alias Like Mike, Dedy Kishimbi (Informaticien), Yves Makuambala (Informaticien), Kadhafi Buyamba (Cameraman). 

Accusations 
Cité par l’AFP, le ministre de la Communication soutient que les enquêteurs ont trouvé des "tenues militaires" et une "documentation assez intéressante dans (les) valises" des militants arrêtés, comme un livre intitulé "Le retour des jihadistes". Selon lui, une somme de "100.000 dollars" avait été trouvée "dans un établissement bancaire de Kinshasa pour payer les différents frais" liés à leurs activités, une "cagnotte" constituée selon lui grâce à "certains pays qui ont pignon sur rue ici". 

Réactions 
Le régime de "Joseph Kabila" a fait face à un tollé d’indignations à l’image d’un "tapis des bombes". 

L’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Kinshasa a été la première à exprimer sa surprise suite aux allégations de Mende selon lesquelles il s’est agi d’une "tentative de déstabilisation". 

Le Burkina et le Sénégal sont, de leur côté, montés au créneau pour exiger la libération de leurs ressortissants. 

La Mission onusienne au Congo a fait de même en contactant les responsables de l’ANR pour obtenir la libération des interpellés. 

A Bruxelles, le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a annoncé l’envoi de deux diplomates sur le terrain afin de suivre la situation. Plusieurs journalistes belges ont été appréhendés avant d’être relâchés. Le même Reynders semblait, début mars, "blâmer" son collègue en charge de la Coopération au développement pour avoir dénoncé l’autoritarisme du pouvoir kabiliste. 

Dans un communiqué daté du 16 mars 2015 la "VSV" a dénoncé le recours à des "pratiques et méthodes rétrogrades frisant le retour en force du pouvoir autoritaire en vue de terroriser des personnes et d’étouffer tout élan citoyen de prise de conscience devant éventuellement se traduire par la mobilisation de la population contre toute forme d’oppression des dirigeants au pouvoir en Afrique". 

La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) n’est pas allé par quatre chemins en condamnant les arrestations de ces militants pro-démocratie. Dès lundi 15 mars, la FIDH a exprimé ses craintes que ces activistes soient soumis à des "mauvais traitements". 

Comme pour enfonce le clou, Amnesty International dit dans un communiqué que "l’Etat congolais doit montrer qu’il respecte les droits humains reconnus au niveau international en libérant immédiatement toutes les personnes arrêtées et en enquêtant sur les violations commises pendant les interpellations". 

Dans un communiqué, Assane Dioma Ndiaye, de la Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH) écrit : "L’approche des élections en RDC semble faire basculer le pouvoir à Kinshasa dans des actes irrationnels jusqu’à faire arrêter des activistes et des artistes citoyens du Sénégal, du Burkina Faso et de RDC". 

Le dernier mot revient à Human Right Watch. Cette organisation non gouvernementale américaine de considérer que les interpellations de Kinshasa constituent le "tout dernier signe alarmant de la répression de manifestations pacifiques" et "le signe d’une répression inquiétante de la liberté d’expression et de réunion en RDC". 

A travers l’intolérance grandissante qui secoue actuellement le microcosme politique congolais à quelques dix-sept mois de la tenue de l’élection présidentielle, des observateurs pensent de moins en moins que "Joseph Kabila" a renoncé définitivement à son rêve de briguer un troisième mandat. "Cette démonstration inutile de force brutale a éroder le peu d’honneur qui restait encore à Joseph Kabila, commente un analyste politique. L’homme paraît décidé à s’accrocher au pouvoir. Le Congo pourrait s’épargner du sang et des larmes en chassant ce piètre Président avant l’expiration de son mandat...". Baudouin Amba Wetshi

Lire aussi : Des militants pro-démocratie arrêtés et maltraités à Goma

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