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mercredi 13 mai 2015

L’Afrique à Venise (1) : le mea culpa des Belges

Le Monde 
06/05/2015 
Par Roxana Azimi (envoyée spéciale à Venise)

Sammy Baloji, essai photographique sur la planification urbaine de 1910 
à nos jours de la ville de Lubumbashi. Crédits : Samy Bajoli Galerie Imane Farès

Rares sont les colonisateurs à reconnaître officiellement leur dette envers l’Afrique. Il faut parfois un coup de pouce de l’art pour assurer le devoir de mémoire. Invité à représenter la Belgique à la Biennale d’art contemporain de Venise, l’artiste Vincent Meessen n’a pas voulu faire cavalier seul. Avec la commissaire d’exposition Katarina Gregos, il a convié dix autres créateurs, dont pour la première fois deux Africains. 

C’est que le pavillon belge est hautement symbolique. Il fut construit en 1907 dans les Giardini sous le règne du roi prédateur Léopold II. Difficile donc d’occuper ce pavillon sans avoir en tête les méfaits du monarque au Congo. Aussi les artistes questionnent-ils l’héritage colonial, la conception eurocentrique de la modernité et les angles morts de l’avant-garde. Chacun y va donc de son hommage – parfois ésotérique – à des figures oubliées.


Au cœur du dispositif, une installation de Vincent Meessen revisite les paroles d’une chanson contestataire signée par un ancien étudiant situationniste congolais M’Belolo Ya M’Piku. Ce chant mis en musique rappelle la participation méconnue d’intellectuels africains à l’Internationale situationniste de Guy Debord. Ailleurs, Tamar Guimaraes et Kasper Akhj célèbrent le premier peintre sud-africain moderne, Ernst Mancoba, unique membre africain du mouvement international CoBrA. L’Italienne Elisabetta Benassi braque pour sa part le projecteur sur Paul Panda Farnana, idéaliste congolais méconnu et défenseur des droits de l’homme. 

Le travail de Sammy Baloji sort du lot. Né dans la province minière du Katanga en République démocratique du Congo, le jeune homme dissèque à partir d’archives l’exploitation des noirs durant le régime colonial. Passé et présent se télescopent dans les vues aériennes de Lubumbashi, entremêlées avec des images de moustiques et de mouches dénichées au musée d’histoire naturelle. L’idée de ces insectes vient d’une photo saisissante de 1929 que Sammy Baloji a découverte dans les annales de la compagnie Gécamines : deux noirs assis à côté d’une pile de mouches mortes. Et de rappeler une époque où l’absurde le disputait à la cruauté : 
« Chaque ouvrier dans ces années-là devait ramener 50 mouches pour recevoir sa ration quotidienne de nourriture ». 


Les vues aériennes mettent en exergue la séparation, encore visible, imaginée par un urbaniste pour cloisonner les populations. Là encore, l’aberration est à son comble : 
« Le cordon sanitaire qui séparait les deux races était fondé sur la longueur du vol d’un moustique qui pourrait transmettre la malaria, à savoir 700 mètres ». 
Pour Sammy Baloji, dont l’œuvre tresse toujours les images d’hier et d’aujourd’hui, 
« il y a un copié-collé entre le passé colonial et la situation actuelle. La relation dominant-dominé prévaut encore. » 

L’artiste présente dans le pavillon un deuxième projet, conçu à partir des photos de scarifications de membres de sociétés secrètes. Il a ainsi fait graver sur cuivre des motifs géométriques de scarifications issus de différentes communautés congolaises. 

Pourquoi le cuivre ? 
« C’est le symbole de l’exploitation économique renforcée pendant la période coloniale, explique-t-il. Les scarifications ont été progressivement interdites à cette époque. On gommait les identités pour extraire les richesses. » 
Biennale de Venise, du 9 mai au 22 novembre, www.labiennale.org 

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