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samedi 2 mai 2015

Un 1er-Mai social et politique sur le continent africain

RFI 
02/05/2015

La délégation des femmes de la Confédération nationale 
des travailleurs du Sénégal, lors du défilé du 1er mai 2015 à Dakar. 
Photo : RFI / Carine Frenk 

Le 1er-Mai a été largement fêté sur le continent africain, mais chaque pays avec ses propres spécificités. En effet, les revendications des travailleurs ont été différentes à Dakar, à Bujumbura ou encore à Lomé... Crise des enseignants, des ouvriers miniers ou encore conflits liés aux difficultés politiques internes, un peu partout les syndicats ont battu le pavé dans un contexte plus ou moins tendu. Petit tour des rassemblements. 

Au Togo, le 1er-Mai sous le signe de la contestation sociale 
A Lomé, loin de la politique et de ses polémiques les Togolais ont fêté sur le front de mer la 1er mai. Dans la plus pure tradition locales, les corporations se sont données rendez vous à la plage pour manger, boire et danser. Néanmoins, avant la période électorale, les syndicats de la fonction publique étaient en ébullition. Ils avaient suspendu leur mouvement durant le scrutin et menacent de le reprendre si le gouvernement ne les écoute pas. 

Sur le boulevard du Mono, face à la plage, une quinzaine de coiffeuses et de coiffeurs marchent au son d’une fanfare. C’est le 1er mai et l’on va faire la fête sur le sable toute la journée. « Chaque travailleur doit avoir un temps pour faire la fête ! », s’exclame un habitant de Lomé.

Dans les entreprises qui ne peuvent pas fermer leurs portes, comme la polyclinique Fafa, les personnels mangent du cabri et boivent du vin. Le docteur Leniblé souhaite à tous un bon 1er-Mai : « Je vous dis bonne fête du Travail. Que dieu nous garde et nous donne la bonne santé. » 

C’est dans cette clinique que travaille le docteur Atchi Walla, coordinateur de la Synergie des travailleurs du Togo. Avant l’élection présidentielle, les fonctionnaires étaient en grève. « Il faut tout de suite dire que la fête du 1er-mai pour cette année 2015 a plutôt un goût amer », affirme le syndicaliste. Sur la question de la reprise des grèves, il reste évasif : « Nous avons toujours dialogué avec nos autorités. Mais ce que nous ne souhaitons pas, c’est que nous discutions de façon indéfinie et que des engagements soient pris et qu’ils ne soient pas respectés après. Donc nous allons toujours discuter, mais nous ne prendrons pas part à des discussions stériles. » 

Les fonctionnaires de la santé et de l’enseignement réclament une hausse du point d’indice et des mesures de renforcement de la protection sociale. Jusqu’à présent, le gouvernement n’a proposé que des mesures de rattrapage salarial. Le patronat togolais rappelle aussi qu’en deux ans le SMIC a été augmenté à deux reprises. 

Au Burkina Faso, malgré le contexte de transition les syndicats ne lâchent rien 
Au Burkina Faso, c'est dans un contexte particulier, post-insurrection, que les travailleurs ont commémoré vendredi 1er mai la fête du Travail. Malgré un contexte de transition où le gouvernement se dit préoccupé par les préparatifs des élections générales d'octobre prochain, les syndicats restent fidèles à leur engagement. Depuis pratiquement trois ans, les mêmes revendications parviennent au gouvernement sans obtenir de réponse et les travailleurs haussent le ton. 

Comme chaque année, les mêmes slogans ont été scandés par les travailleurs durant la marche et le meeting qui ont marqué la célébration de la fête du Travail au Burkina Faso. Les revendications demeurent les mêmes depuis pratiquement trois ans : une révision de la loi portant régime juridique applicable aux emplois et agents de la fonction publique, une diminution significative des prix du carburant et des produits de grande consommation, la suppression de l'impôt unique sur le traitement des salaires entre autres. 

« Le refus de fait des autorités de la transition d’engager des mesures fortes et diligentes contre l’impunité des crimes de sang et des crimes économiques demeurent des constantes d’une situation préoccupante, s’inquiète Chrysogone Zougmoré, le vice-président de la coalition contre la vie chère. La situation est aujourd’hui encore aggravée par des coupures intempestives d’eau et d’électricité qui plongent les populations des grandes zones urbaines dans le désarroi. » 

Tout en dénonçant le silence du gouvernement sur leurs revendications, Yamba Georges Koanda, président du mois de l'unité d'action syndicale a appelé les travailleurs à rester mobilisés pour la suite de la lutte. « Le mouvement syndical affirme avec force qu’il ne peut accepter que les préoccupations des travailleurs et des populations soient mises sous boisseau. Si le gouvernement ne leur accorde pas l’attention nécessaire, nous reviendrons ici et nous saurons faire ce qu’il nous restera à faire », promet Yamba Georges Koanda. 

Recevant les doléances des syndicalistes, le ministre de la Fonction publique a promis que le gouvernement travaillerait à répondre « favorablement » aux préoccupations des travailleurs en tenant compte des moyens disponibles. 

Burundi : la fête du 1er-Mai délocalisée par peur des manifestations 
Au Burundi, la fête du 1er-mai n'a pas eu l'éclat qu'on lui connaît traditionnellement dans la capitale burundaise, en raison des manifestations contre le 3e mandat du président Pierre Nkurunziza. La fête ne s’est pas déroulée au stade Prince Louis Rwagasore, en plein cœur de la ville et tout près de la présidence, mais a été délocalisée dans une sorte de camp retranché, à la périphérie nord-est de la capitale, dans une zone relativement isolée. 

Il fallait montrer patte blanche avant d’entrer dans les enceintes de l’école technique secondaire de Kamenge, dans la périphérie nord-est de la capitale où le maire avait délocalisé la fête du Travail. Il faut dire que Saïdi Juma ne voulait pas qu’on lui gâche sa fête : « Nous avons déplacé les festivités puisque nous craignions qu’en centre-ville on puisse avoir des manifestations qui peuvent s’improviser et causer des dégâts. » 

Autre sujet de préoccupation pour lui, les deux centrales du Burundi membres du collectif contre un 3e mandat du président Pierre Nkurunziza avaient appelé à boycotter le défilé. Ce dernier qui dure habituellement quatre à cinq heures dans la capitale n’a duré qu’une bonne quarantaine de minutes. « Le défilé s'est bien passé, mais il y avait très peu de monde par rapport à ce à quoi on s’attendait. C’est maintenant terminé et les gens se précipitent pour rentrer, probablement pour des raisons de sécurité », rapporte cet homme. 

La plupart de ceux qui sont venus défiler ne sont apparemment pas venus de gaieté de cœur, selon cet autre habitant de Bujumbura : « Nous ne sommes pas venus pour des raisons politiques, mais nous sommes ici pour notre travail, car tu peux avoir des problèmes, perdre ton poste si tu ne viens pas. » Sur les visages des Burundais ce vendredi on a pu lire la peur de l’avenir sans doute, mais aussi celle de s’exprimer tout simplement. « Il est difficile de parler, explique un travailleur de la capitale. Nous avons peur de la situation qui prévaut au pays. » 

Puis les discours se sont enchaînés dans une enceinte quasi vide exception faite des invités assis dans des tentes qui servaient de tribunes, avant que les fameux tambours du Burundi ne viennent clôturer une fête plutôt morose. 

Mauritanie, la grève de la SNIM dans tous les esprits 
En Mauritanie, ce 1er-Mai avait un goût particulier, surtout à Zouérate et à Nouadhibou au nord du pays, là où les travailleurs de la société nationale industrielle et minière (SNIM) ont fait grève pendant 63 jours. Cette grève s'est terminée il y a à peine un mois. Des négociations ont débuté mardi avec la direction de la SNIM mais les travailleurs n'ont toujours pas eu gain de cause. Naturellement, les revendications et ce mouvement sans précédent étaient vendredi au cœur du défilé à Zouérate. 

Trois centrales syndicales (la CLTMN, la CGTM et la CMTM) représentant la grande majorité des travailleurs de la SNIM ont défilé ensemble vendredi à Zouérate. Une marche sans incident, au cours de laquelle, les syndicalistes ont vanté plus que jamais les bienfaits de l'unité qui a conduit à la grève historique menée par les travailleurs de la SNIM en début d’année. 

Parmi les personnes qui ont pris la parole figure Ahmed Vall ould Cheibany. Il est le seul employé que la SNIM ne souhaitait pas réintégrer depuis la fin de la grève il y a un moins, mais qui finalement vient d'obtenir le droit de reprendre le travail ce lundi. L'annonce de sa réintégration cette semaine a d'ailleurs ouvert la voie à la réouverture des négociations sur les doléances des travailleurs, négociations qui étaient bloquées depuis plusieurs jours. 

Les discussions ont repris mardi et mercredi dernier et doivent se poursuivre cette semaine. Pour l'heure, aucune avancée sur les augmentations de salaire, la couverture sanitaire ou encore l'attribution de logements de fonction n’a été obtenue assure un délégué des travailleurs. 

S'ils ont reçu l'équivalent de deux mois de salaire, sous forme d'avance sur prime et de prêt, pour compenser les deux mois de grève, les salariés attendent disent aussi encore attendre le versement d’un troisième mois de salaire promis par le chef de l'Etat. 

Sénégal : un 1er-Mai avec en toile de fond le conflit des enseignants 
La crise scolaire était au centre des préoccupations au Sénégal vendredi 1er mai. Les syndicats d'enseignants déroulent depuis février dernier plusieurs plans d'action. Un accord est intervenu jeudi soir avec une partie des syndicats, mais l’incertitude plane toujours et le risque d’une année blanche n’est pas encore écarté. L’école était donc d’actualité, mais les autres revendications figuraient aussi en bonne place lors du défilé unitaire. 

L’unité pour défendre l’emploi, les conditions de travail… Les doléances ne manquent pas. « C’est une fête pour tous les travailleurs, mais aujourd’hui qu’est-ce qu’on ressent ? Les travailleurs ont le cœur lourd parce que les temps sont durs », détaille cette Dakaroise. « Sincèrement, le travailleur au Sénégal n’est absolument rien. Le salaire n’est pas bon, la prise en charge non plus. Il est temps que les travailleurs vivent de leur sueur. Ce n’est pas normal », commente cet autre. 

Mais cette année, c’est surtout la crise scolaire qui occupe les esprits. « Aujourd’hui, on est soulagé parce que l’accord est signé entre les enseignants et le gouvernement. Ce n’est pas encore ficelé parce qu’il y a toujours des enseignants qui disent qu’ils ne sont pas prêts à aller à l’école. Donc on espère qu’ils vont trouver un consensus », rappelle cet habitant. 

« Il faut sauver l’école. C’est nos enfants. Il faut que chaque parti joue le jeu, que l’Etat puisse à partir de maintenant respecter ses engagements et que les enseignants également comprennent qu’ils ont une responsabilité par rapport à l’éducation de nos enfants dans l’intérêt du pays », souligne Mody Guiro le secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS). Comme le veut la tradition, à l’issue du défilé, les syndicats ont remis au président Macky Sall leur cahier de doléances.

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