28/07/2015
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Floribert chebeya au studio de Radio Okapi à Kinshasa. |
La Haute cour militaire de Kinshasa a rejeté lundi 27 juillet la requête de la partie civile de recueillir le témoignage de Paul Mwilambwe, condamné par contumace, en fuite au Sénégal. Les avocats de la famille de Floribert Chebeya avaient formulé cette demande au cours d’une audience du procès en appel des assassins de l’ancien directeur exécutif de l’ONG La Voix des sans voix (VSV). Ils considèrent le fugitif Mwilambwe comme le seul témoin oculaire de l’assassinat de Chebeya, en juin 2010.
La Haute cour militaire a décidé de juger uniquement les accusés présents à la prison centrale de Makala en opérant «une disjonction des poursuites» entre eux et ceux qui sont en fuite. Elle a estimé qu’elle est suffisamment éclairée pour entamer à la prochaine audience les plaidoiries avec toutes les parties au procès.
«L’ancien chauffeur du colonel Mukalay dit clairement qu’une partie de policiers exécutants a été mutée à Lubumbashi par le général John Numbi. La Haute cour avait même promis d’avoir la déposition de M. Mwilambwe. Qu’on fasse venir ce policier là pour qu’il soit entendu parce que nous sommes à la recherche de la vérité», a affirmé Me Stanislas Mwamba, l’un des avocats de la famille de Chebeya.
La défense estime de son côté qu’il n’est pas permis de se fier au témoignage d’un prévenu déjà condamné pour l’introduire dans le dossier.
«Paul Mwilabwe est un fugitif. Il a été condamné au premier degré. La Cour ne peut pas se déplacer pour aller entendre un condamné. Ça ne se fait pas. Donc, ce que la cour vient de faire est la procédure normale », a rétorqué Me Didier Dimina, avocat du colonel Mukalay.
La prochaine audience est fixée au 31 juillet prochain. Elle démarre avec les plaidoiries de toutes les parties au procès.
Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, deux activistes des droits de l’homme ont été assassinés en juin 2010 à Kinshasa.
Le policier congolais Paul Mwilambwe en fuite au Sénégal déclare avoir assisté à l’assassinat de Chebeya et Bazana dans les locaux de la police nationale congolaise, avait affirmé en août dernier le secrétaire général de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), Paul Nsapu. Depuis janvier dernier, la justice sénégalaise a ouvert un dossier judiciaire contre le Congolais Paul Mwilambwe.
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